Jeux dangereux. SOS Benjamin veut mieux prévenir
Les jeux dangereux restent tabous. La déléguée régionale de SOS Benjamin le constate. La Costarmoricaine disposera bientôt d'une mallette de prévention.
Quelle est l'actualité de l'association SOS Benjamin-Onecr dont vous êtes déléguée régionale ?
Anne-Bénédicte Le Corre : L'association va sortir une mallette de prévention fin avril. Elle servira de support aux familles et enseignants. Elle sera accessible aux enfants à partir de la maternelle. Nous constatons que les jeux dangereux, d'asphyxie ou d'attaque, se pratiquent de plus en plus tôt. D'une enquête nationale commanditée par notre association, il ressort que 41 % des enfants à l'école primaire connaissent ou ont pratiqué des jeux dangereux.
Depuis trois ans, avez-vous été souvent sollicitée ?
J'ai reçu quelques e-mails qui n'ont pas donné suite. Nous attendions des retombées de notre intervention auprès de l'union régionale des associations de parents d'élèves de l'enseignement libre. Le sujet demeure tabou alors que les jeux continuent d'exister. Nous dérangeons. Les gens pensent que cela n'arrive pas en province.
Comment pouvez-vous aider les parents des victimes ?
L'association peut leur apporter un soutien moral et les aider sur le plan administratif (dépôt de plainte, déclaration d'accident auprès de l'établissement scolaire). Depuis le printemps 2007, des directives nationales baptisées Éduscol ont été données au monde de l'éducation. M e Gilbert Collard parraine l'association et peut aider les familles.
Parents et enseignants n'ont-ils pas tendance à minimiser la portée de ces jeux ?
Ils les minimisent parce qu'ils ne les connaissent pas. L'information circule pourtant. Il n'est pas toujours facile aux parents d'admettre que leur enfant a été victime. Ce sont les troubles du comportement qui doivent les alerter. Souvent, les enfants ne disent rien car ils ont été menacés. Cela fonctionne un peu comme le racket. Il suffit que l'enfant soit fragile psychologiquement pour qu'il y ait des séquelles. Il ne faut pas attendre qu'il y ait un drame pour que la prise de conscience s'effectue. Faisons de la prévention.
Nous avons besoin de mécènes pour financer nos actions de prévention. Je fais appel aux bonnes volontés pour qu'elles nous rejoignent et nous aident à communiquer.
Contact
Anne-Bénédicte Le Corre, déléguée régionale de SOS Benjamin-Onecr, tél. 06.03.31.70.03, e-mail : yvon.lecorre@orange.fr. Site : www.sosbenjamin.org