Jardin des lutins. Culture au naturel
Les cordonniers sont, soit disant, les plus mal chaussés. Pas les paysagistes. Ainsi Christina et Uriel Dein qui ouvrent les portes de leur paradis, ce week-end, à Yvignac-la-Tour.
Paradis terrestre ? En tout cas, un royaume enchanteur que ce jardin de la levrette. Ou plus exactement un espace de nature de 10.000 m², aménagé et sculpté au fil des ans et de l'inspiration du couple. Seule exigence : pas de produit chimique ; rien que la nature, quitte à la guider quelque peu.
Magie verte
A l'évidence, Christina et Uriel possèdent la recette magique. Car il y a de la magie dans ce petit monde vert.
De prime abord, le visiteur est un peu décontenancé. Mais l'invitation à s'engager sous la voûte des arbres, à cheminer sur l'herbe moelleuse ou le dallage des pavés, en slalomant autour des arbres vénérables est la plus forte. Ici un cirque potager en forme de soleil, là une cabane, plus loin quelque massif luxuriant, à proximité de la fontaine qui alimente une mare joyeuse, où les chauves-souris viennent gober les moustiques le soir venu...
Entre ombres et lumières, placettes, charmilles et délicieux murets, les jardins se jouent des sens. Et le coeur s'emballe, comme attisé par le charme de ce domaine où l'imaginaire se libère. L'influence des lutins qui se cachent derrière l'arbre mort devenu sculpture ou au terminus du mini-chemin de fer sur lequel galopent des armées de fourmis ?
Oiseaux de terre
« Quand mes parents ont acheté ce lieu, ce n'était qu'un champ avec quatre pommiers à cidre, il y a plus de 40 ans », raconte Uriel. « Ils ont tracé des allées avec leur Aronde et planté cent peupliers ». Après le passage de l'ouragan de 1987, il n'en restera plus que cinq ; ce qui libère l'espace pour les espèces jusqu'alors étouffées.
Puis Christina et Uriel commencent à apporter leur coup de patte, il y a douze ans. Aucun produit chimique. Rien que des idées et l'accompagnement du meilleur jardinier qui soit : dame nature. Ce qui n'exclut pas l'empreinte de l'homme : ainsi ces anciens cordages récupérés dans une poubelle du port de Lorient, devenus cordes à balançoire ou l'ancien réseau de rails et wagons d'une scierie de Dinan qui allait partir chez le ferrailleur. Sans oublier le sabot d'une barre de coupe devenue oiseau.
En digne compagnie, de nombreux congénères : des oiseaux en forme d'épis de faîtage en poterie, nés de la main experte de la maman d'Uriel, qui guident les pérégrinations du visiteur « On travaille tous les deux la terre. A la seule différence que ma mère la cuit ; moi, je la laisse fraîche ».
Pratique : demain, de 14 h à 18 h et dimanche, de 10 h à 18 h, avec le concours du syndicat mixte de l'Arguenon-Penthièvre et du syndicat de production d'eau de Rennes. Fléchage à partir du bourg d'Yvignac (tél. 02.96.86.19.42).