Drogues. Une famille au coeur de la tourmente
La salle d'audience est comble : 21 prévenus (sur les 22 convoqués) sont présents, et les avocats sont à peine moins nombreux. Selon les enquêteurs, c'est le plus important procès autour des stupéfiants que les Côtes-d'Armor ont jamais connu qui s'est ouvert hier matin à Saint-Brieuc. Le trafic porte sur 132,340 kg de résine de cannabis, 8,110 kg d'herbe, 8,019 kg de cocaïne et 360 g d'héroïne, sur une période allant de juin 2006 à novembre 2007.
Après avoir rappelé l'identité de chacun des prévenus et leur casier judiciaire, le président Mathieu s'attaque, en milieu de matinée, à l'examen du dossier (12 tomes). Il finira à 19 h.
Les quantités que chacun a vendues ou acheté sont débattues. Les rôles des uns et des autres également.
Il y a, tout d'abord, ces deux frères, domiciliés autour de Saint-Brieuc, et leur cousin, habitant la région de Loudéac. L'accusation les a présentés comme étant au coeur du réseau. Ils achèteraient les produits à leurs fournisseurs parisiens pour les confier ensuite à leurs revendeurs consommateurs locaux.
Les procès-verbaux d'audition attaqués
Les deux frères n'ont pas nié leur rôle, mais ont contesté formellement les quantités qu'on leur reproche. Ils ont remis aussi en cause les comptes rendus de leurs auditions : leurs propos ont été déformés et amplifiés.
Leur cousin, lui, est d'accord sur tout et s'est expliqué : « Les huissiers sont venus chez moi. J'avais besoin d'argent et j'ai vu qu'ils (les deux frères, NDLR) en gagnaient facilement avec leur trafic... »
La grande soeur fait également partie des prévenus : son compagnon était le fournisseur de ses deux cadets. Et pour elle aussi, le rôle de chacun ne fait pas de doute. Quant à son concubin, il a adopté la même ligne de défense que les deux « frangins » : les gendarmes lui ont fait dire ce qu'ils souhaitaient entendre en garde à vue.
Aujourd'hui, ce sont les différents avocats et le procureur Patrick Lewden qui auront la parole. Le jugement est attendu pour le 10 juillet.