Doux et Dandy. « L'Etat s'engagera »
Le ministre du travail Xavier Bertrand a rencontré, hier, dans le Morbihan, durant trois heures, les délégués syndicaux des entreprises Doux de Locminé et Pleucadeuc, ainsi que ceux de Dandy de Pontivy, où des centaines d'emplois doivent être supprimés.
« On ne laissera pas les salariés seuls, le gouvernement aidera à garantir un maximum de reclassements et à préserver un maximum d'emplois. L'Etat s'engagera, c'est de sa responsabilité ». Il est 18 h 30, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient de consacrer trois heures aux délégués syndicaux des entreprises Doux de Locminé et de Pleucadeuc, puis à ceux de Dandy de Pontivy (Unicopa) (*). « Cette réunion sera suivie d'autres », a-t-il précisé.
Attendre l'annonce officielle aujourd'hui
Pour Doux, il faut attendre l'annonce officielle du projet de fermeture de Locminé et de l'abandon de la filière Canard à Pleucadeuc : la confirmation doit, en effet, avoir lieu ce matin lors d'un comité central d'entreprise, à Châteaulin (29). Dès lors, les contacts seront pris par le préfet du Morbihan pour organiser une rencontre, vendredi sans doute, entre services de l'Etat, élus, syndicats et - selon la demande des salariés -, représentants du groupe Doux. Si ceux-ci se laissent convaincre... Car, constatent les délégués syndicaux, le pouvoir de persuasion du gouvernement semble faible face au volailler qui voudrait sceller le sort de ces usines pour le 31 décembre. Ils ont refusé de signer l'accord de méthode que leur proposait Doux avant la négociation d'aujourd'hui. « Il faut en voir le contenu », dit le ministre. Il est prêt, aussi, à organiser en septembre une rencontre au ministère du Travail avec les salariés et la ministre de l'Économie ; il a évoqué la mise en oeuvre d'un plan de revitalisation, parlé de la recherche du maximum de reclassements et de repreneurs.
Pas la mort de la filière
Pour Dandy, le « préfet rappellera chacun à ses responsabilités », dit-il. En cause, le fait que l'entreprise ne puisse plus fonctionner, toute son activité ayant été reprise par Terrena qui a laissé les murs et les salariés alors que le tribunal a accordé à l'entreprise un sursis de deux mois. « Est-ce qu'ils en ont le droit ? », s'insurgent les salariés. Pour le ministre il faut plutôt se concentrer sur le reclassement, en garantissant aux salariés un maximum de mobilité et voir la question d'un repreneur. « Chacun souhaite qu'il y ait un repreneur, mais les salariés ont dans ce secteur déjà subi beaucoup d'épreuves et ils veulent des garanties ».
451 emplois (CDI) à Locminé, 62 à Pleucadeuc, 235 chez Dandy, plus les CDD : en tout un millier d'emplois sont menacés dans l'industrie avicole, constatent les salariés qui ont interpellé le ministre sur l'avenir de la filière en Bretagne. « L'heure n'est pas venue de tourner la page de la filière avicole dans cette région, ni de l'agroalimentaire ».
* Une petite centaine de salariés des deux entreprises a manifesté devant la préfecture du Morbihan durant tout l'après-midi.