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Anguille. Une pêche électrique pour éviter qu'elle disparaisse
Elles ont beau traverser l'Atlantique pour venir peupler les rivières bretonnes, les anguilles sont mal en point. Grâce à la « pêche électrique », les pêcheurs les étudient. Pour mieux les aider. « Si on ne fait rien dans les dix ans, l'anguille aura disparu des rivières bretonnes et européennes ». Hubert Catroux, le chargé d'études de la fédération de pêche des Côtes-d'Armor, sait de quoi il parle. Surpêche, braconnage, parasitisme, pollution, les facteurs sont nombreux qui ont fait chuter la population d'anguilles depuis vingt ans. Des données chiffrées ? Justement, on n'en a pas. Seul indicateur : l'oeil avisé des pêcheurs et observateurs de la nature. « Avant, on en trouvait partout. Ce n'est plus le cas », témoigne ce membre de l'équipe technique de la fédération de pêche.
Tétanisée pour son bien
Pour pallier l'absence de chiffres, lui et ses collègues ont enfilé les bottes et arpentent le Leff, vers Plourivo, près de Paimpol. L'un d'eux porte un drôle d'attirail : une batterie électrique harnachée comme un sac à dos, avec des fils traînant dans l'eau - la cathode - et une longue canne terminée par un cerceau, qui produit des impulsions électriques - l'anode. Grâce à ce système, il tétanise les poissons et joue sur leurs déplacements pour les conduire jusqu'aux épuisettes que manipulent adroitement ses collègues. L'anguille est capturée, puis endormie le temps de relever son âge, sa taille et d'autres éléments biométriques. « Le protocole est très strict, explique Hubert Catroux. Nous prélevons dans trente points différents, sur 100 mètres de rivière. En quatre jours, nous aurons étudié dix-sept portions comme cela sur le Leff, depuis Châtelaudren jusqu'ici ». Évidemment, le poisson n'est pas blessé - juste un peu choqué. C'est de toute façon le seul moyen connu à ce jour pour obtenir des données objectives sur la densité d'anguilles. Ce n'est que tout récemment que les quatre fédérations de pêche bretonnes ont mis en place ce réseau de suivi pour connaître les stocks. Celle des Côtes-d'Armor a fait, l'an dernier, sa première prospection dans la Rance. Avec des résultats peu engageants.
Pas rose pour le saumon
La semaine dernière, l'équipe de la fédération de pêche était déjà les pieds dans le Leff, avec la même technique, à la recherche de saumon cette fois. Contrairement à ce qui a été dit, le saumon n'est pas vraiment en train de revenir dans les rivières bretonnes. « Les résultats sont moyens. Il y a encore beaucoup de progrès à faire », assure le chargé d'études. Et d'insister sur une chose : « Ces opérations à but scientifique ne pourraient être menées sans les pêcheurs du département. Ils tiennent un rôle de préservation, pas seulement de prélèvement ».



L'un promène la canne électrique sur un point précis, deux capturent le poisson à l'épuisette, un autre le stocke et consigne les données. . Photo G. C.
Sources
Le Télégramme
05/09/2008
Rubrique: Côtes-d'Armor
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