Agroalimentaire. Décès du fondateur du groupe Bigard
Lucien Bigard, fondateur du groupe qui porte son nom, s'est éteint, samedi soir, à l'âge de 82 ans. C'est une page importante de l'histoire industrielle de Quimperlé (29) qui se tourne avec ce décès.
Son parcours professionnel est celui d'un self-made-man à la ténacité exceptionnelle.
Champenois d'origine, il est sollicité dès 1958 par la mairie de Quimperlé pour donner un nouvel élan aux activités des abattoirs municipaux, installés à Kergostiou sur un site construit pendant la guerre, par les Allemands, pour alimenter en viande la base des sous-marins de Lorient.
6.000 salariés
À l'époque, cette unité industrielle reste modeste, avec une soixantaine de salariés. Aujourd'hui, le site fait travailler 1.200 personnes, et le groupe compte, dans toute la France, 6.000 salariés, pour un chiffre d'affaires de 2,8 milliards d'euros...
Après un détour par Saint-Nazaire, Lucien Bigard rachète peu à peu les actifs des abattoirs quimperlois, dont l'activité a périclité, et s'engage en 1975 à faire construire sur le site, dans un délai de cinq ans, un nouvel équipement privé pour « traiter » porcs et bovins.
Dans les années 80, l'expansion de l'entreprise va être spectaculaire, avec d'énormes investissements et la création d'activités supplémentaires.
Dans les années 90, sur son site de dix hectares, l'usine quimperloise dépasse déjà le chiffre de 1.000 salariés.
Et on n'en restera pas là. Alors qu'un des fils, Jean-Paul, prend la succession de son père, Bigard achète le groupe Arcadia, qui compte sept sites industriels en France, et prend pied dans Charal, qu'il absorbera totalement l'an dernier.
Aujourd'hui, Bigard est le premier transformateur de viande en France, avec un volume de 250.000 tonnes par an, et l'entreprise est devenue le premier employeur de Quimperlé, devant les Papeteries de Mauduit.
Les obsèques de Lucien Bigard auront lieu demain, à 14 h, en l'église Notre-Dame, place Saint-Michel, en haute ville de Quimperlé.