Vannes. Martin Hirsch à l'écoute des bénéficiaires du RSA
Hier, à Séné (56), Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives, est venu prendre la température sur son projet de loi auprès de bénéficiaires du RSA.
« Rarement une réforme n'aura été autant expertisée et concertée à l'occasion de sa préparation. Dès le début, nous avons souhaité impliquer les partenaires sociaux, les associations de solidarité et les bénéficiaires eux-mêmes ». C'est donc dans le cadre du projet de loi sur le RSA (Revenu de solidarité active), que Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, est venu rencontrer, hier après-midi, des bénéficiaires du RSA à l'Atelier Kercourse de l'Amisep (*), à Séné. Car le Morbihan, plus précisément le Pays de Vannes, a été choisi pour « expérimenter » la mesure avant l'entrée en vigueur au 1 e r juin 2009 à l'échelle nationale.
Questions et inquiétudes
Réunies autour d'une table à l'Atelier Kercourse, quelques personnes actuellement en contrat d'avenir à l'Amisep, bénéficiaires ou non du RSA, ont pu faire part de leurs questions et de leurs inquiétudes au haut-commissaire chargé du dossier.
« Je suis ici en contrat d'avenir de neuf mois, en atelier de rénovation des logements et je me demande ce qui va se passer une fois ma formation rémunérée terminée, en décembre, si je ne trouve pas d'emploi à la suite. Ce sera un retour à la case départ et niveau financier, ce sera dur », s'inquiète Stéphane, âgé de 35 ans, qui songe à travailler dans le secteur du nettoyage industriel.
« S'il n'y a pas de continuité avec un emploi, beaucoup reviennent, en effet, à l'ANPE et perdent en motivation. Le complément RSA a créé une formidable dynamique vers la reprise de l'emploi. Nous l'avons vraiment constaté depuis quelques mois », ajoute Valérie Premel, conseillère en charge des dossiers RMI à l'agence ANPE de Vannes-Jude.
« Une aide à la carte »
« Nous souhaitons vraiment que ce dispositif soit le plus souple possible et puisse s'adapter à chaque cas. Le RSA, c'est avant tout un soutien financier qui doit être accordé aussi longtemps que nécessaire, surtout en période de transition entre la fin d'une formation et la reprise d'un travail. Nous avons prévu que le RSA se cumule avec une formation rémunérée et se poursuive même une fois la formation achevée », précise Martin Hirsch. En somme, une « aide à la carte » en fonction de la situation familiale et du nombre d'heures travaillées.
Autre interrogation évoquée par les interlocuteurs de Martin Hirsch : la possibilité « d'assouplir » les contrats d'avenir. « Ce serait bien de pouvoir suspendre le contrat le temps d'effectuer une période d'essai en entreprise et de reprendre si ça n'a pas été concluant », soumet Stéphane.
« Nous étudierons un projet d'aménagement de ces contrats d'avenir afin qu'ils soient également plus souples », lui répond le haut-commissaire. Avant d'ajouter, à l'attention de tous, que « ces échanges et ces rencontres sont fondamentaux pour que ce projet de loi puisse aboutir. Ce ne sera pas parfait mais on y travaille ! ».
* Association morbihannaise d'insertion sociale et professionnelle.