Université. Une orientation vraiment active
Comment lutter contre l'échec en fac ? Les universités bretonnes ont inventé le DDU : dossier diagnostic universitaire. C'est ce qu'on appelle l'orientation active. Mis en place en 2007, le système a été, cette année, généralisé et largement amélioré.
Pour les futurs bacheliers, c'est l'heure des préinscriptions. Quelles études à la rentrée prochaine ? Quelle filière choisir ? La fac est-elle faite pour moi ? Avec un bac techno, peut-on réussir en droit ? Pour de nombreux élèves de terminale, pas facile de choisir.
Pour éviter de faire partie des 50 % d'étudiants qui échouent en première année, les lycéens bretons disposent aujourd'hui du « dossier diagnostic universitaire », autrement dit le DDU. Un outil qui a été expérimenté l'an dernier et qui, cette année, a été étendu à toutes les filières.
Motivation importante
Concrètement, l'utilisation du DDU est simple. Lors de sa préinscription en fac, le lycéen peut, en se connectant sur le serveur Candisup (*), remplir une fiche pour bénéficier d'un avis sur les voeux qu'il a émis. Nouveauté cette année : les notes sont directement saisies et la moyenne calculée automatiquement. Au lycéen ne reste pratiquement qu'à motiver son choix.
« La motivation, c'est très important. Notre réponse dépendra beaucoup d'elle », souligne Frédéric Bedel, chargé des études à l'Université de Bretagne-Sud (UBS). Même discours à l'Université de Bretagne-Occidentale (UBO) : « Ce qui nous intéresse, c'est la motivation. On a chaque année des étudiants sur lesquels on aurait peu parié et qui s'en sortent très bien parce qu'ils sont motivés », explique Matthieu Gallou, chargé de mission orientation active à l'UBO.
Si cette motivation peut être, en plus, accompagnée de la description d'un projet professionnel, c'est l'idéal.
Pour formuler leurs réponses, les universités disposeront également de l'avis d'orientation du conseil de classe du deuxième trimestre. Cette année, cet avis est normalement obligatoire.
Peu d'entretiens
À l'UBO, l'engagement a été pris de donner une réponse aux étudiants avant le 12 mai. Près de 3.000 DDU sont attendus. « Chaque dossier sera examiné par les responsables de formation », assure Matthieu Gallou. Un énorme travail en perspective.
À l'UBS, il est prévu d'étudier au cas par cas les dossiers pour lesquels la cohérence entre le voeu de l'étudiant et sa filière de base n'est pas évidente. À ces étudiants, une proposition d'entretien sera faite à partir de la fin des vacances de Pâques. À Rennes 1, la même possibilité sera donnée.
Libre de suivre l'avis
Combien viendront ? L'an dernier, seulement dix étudiants avaient répondu positivement. Une offre qui a eu également très peu d'écho à l'UBO qui, cette année, ne proposera probablement pas d'entretiens individuels. « Nous avons plutôt fait le choix d'aller vers les lycéens en organisant des réunions dans les lycées », observe Matthieu Gallou.
L'échec des entretiens individuels, constaté dans l'ensemble des universités françaises, est souvent expliqué par la crainte des lycéens qu'il s'agisse, en fait, d'entretiens de sélection. Une crainte que partagent certains professeurs qui qualifient le DDU de « dispositif de dissuasion universitaire ».
Ce que récuse fermement Jean-François Tribot, chef du service académique d'information et d'orientation au rectorat, qui rappelle que « chaque jeune est libre de suivre ou pas l'avis qu'on lui donne ».
* https ://candisup.univ-bretagne.fr/promptAccueilIndex.do