Tour. Plumelec, sa côte et ses 450 bénévoles
Plumelec, 2.500 habitants, et, pour la quatrième fois en un quart de siècle, ville-étape du Tour de France. Les raisons de ce plébiscite ? Une « bosse » mythique et une force de mobilisation impressionnante. Aujourd'hui, plus de 450 bénévoles seront sur le pont pour accueillir la Grande Boucle. Rencontres.
« On a commencé l'organisation il y a un mois », raconte paisiblement Léon Guyot, le maire de cette commune morbihannaise, nichée en bordure des Landes de Lanvaux, accrochée administrativement au pays de Pontivy et sentimentalement au pays vannetais. « On a fait le tour de la quarantaine d'associations et on a trouvé tout de suite les bénévoles dont on avait besoin ». 450 tout de même.
Tout paraît si simple à Plumelec. Un claquement de doigts et, en quelques jours, toute la commune s'active, spontanément, solidairement... Un véritable état d'esprit communal qui ne date pas d'aujourd'hui. Pour beaucoup, tout commence en 1962. La commune reçoit le Triomphe breton, une course cycliste amateur et découvre alors qu'elle possède un trésor, une « mine d'or » : « La bosse », comme l'appelle Robert Le Cam, adjoint au maire. « La bosse », c'est la côte de Cadoudal, une pente à 5 % et un dénivelé qui passe de 43 à 154 m sur 2,5 km...
« Le comité des fêtes a été créé dans la foulée de cet événement », raconte Marcel Nouaille, l'un des trois membres fondateurs, sur la vingtaine de l'époque, encore en vie. « On s'est rendu compte à ce moment-là que la côte avait quelque chose de magique. Dans la bande, il y avait déjà quelques passionnés de vélo, mais pas encore tout le monde. On ne s'est pas posé de question pourtant, on a foncé ».
La mobilisation paye. En 1967, la commune accueille déjà un championnat de France hors catégorie ; en 1973, son premier championnat de France professionnel et en 1974, le premier Grand Prix de Plumelec est organisé. Ensuite, l'Histoire commence à s'écrire. « Alain Le Barbier, l'un des nôtres, était sur le Tour. Il y avait un problème pour une arrivée d'étape. Il a levé le doigt et dit qu'à Plumelec, on pouvait recevoir l'arrivée en question sans problème... trois jours plus tard ! », raconte Robert Le Cam.
Tout le monde sur le pont
Marcel Nouaille se souvient encore du coup de téléphone, à 2 h du matin. « En 72 heures, on était 250 sur le pont et tout était prêt pour accueillir le Tour de France... » Ce soir, ce sera la quatrième arrivée sur ses terres pour Marcel. « Depuis 45 ans, j'en ai déplacé des barrières de sécurité... Mais cette fois, je serai dans la tribune VIP ! ».
Et ils seront, comme lui autrefois, plus de 450 bénévoles aujourd'hui à oeuvrer au bon déroulement de la fête. Cinquante hectares de parkings à gérer, des dizaines de kilomètres de barrières à poser et à surveiller, un millier de repas à servir pour les bénévoles et les journalistes... C'est le club des anciens d'ailleurs qui a installé la salle de presse. Les pensionnaires de l'institut médico-éducatif ont posé le fléchage, Joseph, François, Pierre et les autres ont hissé les drapeaux, les 19 conseillers municipaux sont aussi sur tous les fronts.
Même les trois places dont disposait la mairie pour suivre l'étape du jour dans une voiture du Tour n'ont pas trouvé preneur... « Pas le temps, tout le monde est sur le pont ! », souligne Robert Le Cam. « Dans une petite commune comme celle-ci, explique le maire, on ne peut que compter sur le bénévolat. Nous n'avons que quatre employés municipaux, s'il n'y avait pas toute cette mobilisation derrière nous, Plumelec ne serait pas aujourd'hui ce qu'elle est ».
L'arrivée à Plumelec sera suivie d'un bal populaire, à 21 h, sur le stade Ménagé.