Tour de France. « Le devoir de la Bretagne »
Grand fan de vélo, Jean-Yves Le Drian est pour beaucoup dans la
venue du Tour de France en Bretagne. Au-delà de la grande fête populaire qui se prépare, cet accueil est aussi, pour le président de la Région, l'occasion pour la Bretagne de participer à la réhabilitation du cyclisme.
Cette passion pour le cyclisme, elle date de quand ?
Depuis que je suis tout petit. J'ai toujours aimé le vélo. Je faisais des courses avec mes camarades d'école. Plus tard, à 17 ans, j'ai fait Lorient-Paimpol, aller-retour, dans la journée avec des copains. Ce n'était pas bien, je le reconnais. On a eu tous beaucoup de mal à s'en remettre. Ça reste mon plus grand exploit.
Et aujourd'hui ?
J'ai repris le vélo à la fin des années 80 quand un de mes amis, Jean-Pierre Le Garrec, a eu l'idée d'organiser une course de « gentlemen », à l'occasion de l'étape de la Mi-Août, à Lorient. J'ai même gagné une fois ce prix. Depuis, je n'ai pas lâché le vélo. Il n'y a encore pas si longtemps, je passais chaque été deux semaines dans les Alpes pour escalader, chaque jour, un col. Aujourd'hui, les cols, c'est fini mais je fais régulièrement un « petit 60 » au départ de Guidel.
Quand avez-vous eu l'idée de faire venir le Tour en Bretagne ?
La question s'est posée dès 2004, puis en 2006. J'ai commencé à ce moment-là, à en parler avec Jean-Marie Leblanc. L'idée d'un accord entre le Tour et une région germait. Je lui avais dit : « Si c'est le cas, ça serait bien que la Bretagne soit la première ». On a discuté et finalement, nous avons pu aboutir. C'est effectivement la première fois qu'il y a un accord global entre une région et le Tour de France.
Vous teniez à ce départ de Brest ?
Un départ de Brest, cela a beaucoup de force et de signification. C'est un moyen de valoriser notre région. En plus, à un moment où le vélo est dans la peine, c'était aussi, pour nous, le moyen de réaffirmer notre attachement à ce sport. Un sport qui, en plus, est en phase avec les vertus que l'on prête aux Bretons : le goût de l'effort, la ténacité, le panache...
Justement, n'était-ce pas prendre un gros risque alors que les affaires se multipliaient dans le cyclisme ?
Oui, c'est sûr, mais si on ne prend pas de risques, on n'avance pas. C'est quand des partenaires sont dans la difficulté qu'il faut les soutenir. La Bretagne devait le faire. Elle a un devoir par rapport au vélo parce que le vélo est enraciné dans le territoire. Les choses sont très claires avec nos partenaires : nous sommes pour la réhabilitation du cyclisme à partir du Tour. Je souhaite que la Bretagne y contribue.
Ca coûte aussi beaucoup d'argent, non ?
En tout, c'est 1,5 million d'euros. Une somme qui est partagée avec les autres collectivités. Pour l'image que l'on va donner, c'est un prix qui me semble correct. De nombreuses collectivités mettent beaucoup plus d'argent dans des événements qui ont moins de portée.
Vous avez un favori ?
Difficile comme question. J'hésite un peu. Je pense que l'Espagnol Alejandro Valverde (ndlr, le dernier vainqueur du Dauphiné Libéré) me paraît être le plus en situation pour gagner.
Et les Français ?
J'aimerais bien que les Français s'illustrent mais c'est plus compliqué. Il y a une nouvelle génération mais elle est encore un peu tendre. Sylvain Chavanel peut cependant tirer son épingle du jeu.
Quel est, pour vous, le plus grand moment du Tour de France ?
Pour moi, incontestablement, le duel Anquetil-Poulidor, dans le Puy-de-Dôme, reste le plus grand moment du Tour de France (ndlr, lors du Tour de France, en 1964). Inoubliable.
Et les coureurs ?
Indurain m'a beaucoup impressionné et Hinault aussi bien sûr. Ils n'avaient pas le même caractère mais tous les deux avaient le goût du panache.