« Le Tour, c’est sacré. C’est l’occasion de vivre trois jours de fête, d’aventures entre amis, tous originaires de Binic », racontent Hervé, Loïc, Erwan, Claudius, Léon, Jean-Do, Éric et les autres. Les uns sont commerciaux, les autres mécaniciens, conducteur de travaux, maçon ou pêcheur. Certains sont restés au pays, les autres travaillent sur les routes de France ou bien plus loin. Comme Hervé, en Égypte. Mais tous, s’ils le peuvent, mettent le cap sur la Bretagne pour le week-end de la Pentecôte. « On participe au Tour depuis dix ans », confie Loïc. « C’est Jean-Do, le fils de Bertrand Chaudet, l’un des créateurs du Tour, qui m’a entraîné dans l’aventure. J’ai commencé avec lui dans une 201 puis, depuis cinq ans, je roule avec la petite Rosengart. Petit à petit, on a entraîné un copain qui, à son tour, en a fait venir un autre. Finalement, on s’est tous contaminés au virus du Tour ».
« Pas des puristes »
Alors, les vieilles bagnoles, bien sûr, qu’ils aiment ça.
Mais « on n’est pas des puristes », affirment les Binicais. Amateurs de Rolls Royce, Bentley ou Bugatti, passez votre chemin. Outre la Rosengart (dont les premiers exemplaires ont été montés dans l’usine du Légué, à Saint-Brieuc), la bande roule en Estafette de gendarmerie - avec les costumes, s’il vous plaît -, en Matra 530, Peugeot 304 cabriolet ou Terrot 500. « Le dernier gros mono produit par un fabricant français », précise, avec fierté, Hervé. « On n’est pas strict. Si un gamin veut monter dans la voiture pour se faire prendre en photo, on laisse faire. De même qu’on gare nos véhicules un peu partout. S’il y a des traces de doigt sur la peinture, ce n’est pas grave. Il faut que tout le monde en profite. C’est la fête ».
« Copains d’abord » mais ouverts
Mais avant de faire la fête, les « copains d’abord » se donnent le coup de main. Des pièces à aller chercher, un moteur à refaire ou à mettre au point... selon les disponibilités, les volontaires répondent présent. « C’est aussi l’occasion de se mettre dans l’ambiance, de s’exciter un peu en parlant du Tour. On en salive des mois à l’avance, tellement c’est chouette. Pensez, trois jours ensemble sur les routes ». Enfin presque tout le temps : « Il y a tellement de monde que ce n’est pas facile de rouler groupés. Mais on se retrouve le soir : on se raconte les péripéties de la journée en buvant un coup ». « En même temps, souligne Loïc, on n’hésite pas à aller vers les autres. C’est ce qui fait la richesse du Tour ». Tellement peu fermé, le groupe, que Loïc, depuis trois ans, est membre du bureau de l’Association bretonne de véhicules anciens. Cette année, il a pris en charge le départ de Broons. Pas simple de loger dans la sympathique commune de 2.500 âmes, 1.500 participants ! Mais la solidarité fait des miracles. Un état d’esprit qui n’est pas près de s’éteindre à Binic : Erwan et Yohann, les fils d’Hervé, participent, cette année, à leur premier tour, dans l’Estafette et sur une Gitane Testi. La bande a encore de bons tours à jouer.
700 véhicules de 1903 à 1988 Aujourd’hui, Jugon-les-Lacs, 13 h à 16 h ; Broons, 21 h. Demain, Broons, exposition, 10 h ; départ, 15 h ; Mauron, 16 h ; La Chapelle-Bouëxic, 18 h ; Ploërmel, 21 h. Dimanche, Ploërmel, 8 h ; Bignan, 9 h ; Bréhan, 11 h ; Loudéac, 13 h à 16 h ; Mûr-de-Bretagne, 16 h ; Lanrivain, 18 h ; Guingamp, 21 h. Lundi, Guingamp, 8 h ; Plouézec, 9 h ; Binic, 11 h ; Langueux, 13 h à 18 h
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