Sokalique . Le juge sur les traces des marins azéri s
Le juge en charge du dossier du naufrage du Sokalique souhaite se rendre en Azerbaïdjan pour demander la mise en examen des deux marins qui commandaient le cargo Ocean Jasper lors de la collision qui a coûté la vie au patron du caseyeur.« Le juge d ' instruction souhaite se rendre à Bakou pour demander à la Justice d ' Azerbaïdjan la mise en examen des deux marins selon la procédure locale, avec la possibilité d ' être présents au moment de la notification de ces mises en examen » , a confirmé, hier, Laurent Fichot, le procureur de la République de Morlaix (29) .
Une commission rogatoire internationale a été transmise en fin de semaine dernière aux autorités d ' Azerbaïdjan par l ' ambassade de France à Bakou.
Les deux marins concernés sont le capitaine et le second de l ' Ocean Jasper, le cargo sous pavillon des îles Kiribati qui était entré en collision le 17 août 2007 au large du Finistère, avec le Sokalique, un caseyeur de Roscoff (29) .
L ' accident avait coûté la vie à Bernard Jobard, le patron du bateau de pêche, tandis que six marins avaient pu être sauvés.
Le 8 février dernier , le parquet de Morlaix avait ouvert une information judiciaire pour « homicide involontaire par manquement délibéré à une ou plusieurs obligations de sécurité, délit de fuite et non-assistance à personnes en danger » . Par ailleurs, la Justice attend toujours le rapport d ' expertise qui doit déterminer les causes exactes de la collision.
Ils avaient discrètement quitté le cargo
Après la collision, l ' Ocean Jasper avait été immobilisé dans le port militaire de Brest, mais en septembre, trois marins, dont le commandant et son second, avaient discrètement quitté le cargo et rejoint leur pays d ' origine.
Un procès début 2009 ?
Interrogée hier sur cette nouvelle avancée du dossier, Yvette Jobard, la veuve du patron pêcheur disparu, avouait sa satisfaction. « Je suis contente que le juge souhaite se rendre en Azerbaïdjan, mais je ne suis pas surprise, car c'est la continuité de ce qu'on avait déjà abordé avec le président de la République. Il nous avait dit qu'il se donnerait à fond dans ce dossier et on se rend compte que c'est la vérité (...). Je pense que le procès se déroulera d'ici le premier trimestre 2009. Je suis optimiste ».
Par ailleurs, Yvette Jobard a décidé de poursuivre son combat en faveur de la sécurité des marins. « Ce que je voudrais maintenant, c'est qu'en matière de sécurité, des améliorations soient apportées dans le rail d'Ouessant. À ce sujet, j'ai écrit un courrier au président de la République. Je dois le rencontrer en septembre ou en octobre. Il ne faut plus que les marins soient angoissés de travailler dans ce rail. Ce serait un désastre si rien n'est fait alors que mon mari est mort. De toute façon, je ne les laisserai pas faire. Je leur casserai les pieds jusqu'au bout. Je serai l'emmerdeuse de service et ils le savent ».