Séquestré et torturé. Le calvaire d'un Quimpérois
Retenu chez lui, frappé, attaché, brûlé... Le cauchemar de ce Quimpérois âgé de 34 ans durait depuis le 15 septembre. Il a pris fin samedi dernier.
Dans l'immeuble, c'est la consternation. Personne n'imaginait le drame qui se jouait à leur porte depuis trois semaines. Personne n'a rien entendu. Du bout des lèvres, certains avouent qu'ils n'étaient pas rassurés par « tous ces marginaux » présents chaque jour, malgré un code d'entrée.
Stéphane, 34 ans et sans emploi, louait au rez-de-chaussée depuis trois mois. En provenance d'un foyer spécialisé, il s'était fait remarquer par le désordre qui régnait devant son balcon. Mi-septembre, il reçoit la visite d'un Quimpérois de 20 ans, connu des services de police, pour une dette de stupéfiants. Son calvaire débute.
Son créancier le retient chez lui, multiplie les violences et s'installe dans l'appartement. Dans la semaine, quatre amis se joignent à lui, dont un homme qui avait des comptes à régler avec la victime, et une mineure de 17 ans qui avait aussi la main leste.
Marqué par des couteaux chauffés à blanc
L'appartement est pillé, les vitres cassées, le site devient un lieu de rendez-vous sur fond de grande alcoolisation. La situation dégénère, les violences, régulières, prennent de l'ampleur.
Le locataire, influençable, est menacé s'il parle. Il peut sortir, mais jamais seul. Sa carte bleue lui est dérobée, quelques euros sont retirés sur son compte bancaire peu fourni.
Il subit de nombreux sévices. Un jour, on le force à se saouler, un autre, il est contraint d'avaler des poils ou des excréments de chats. Le paroxysme est atteint la dernière semaine. Munis de couteaux chauffés à blanc, les ravisseurs gravent leurs initiales sur les avant-bras de leur hôte, attaché à une chaise par des bandages. Il porte également la marque d'un coup de couteau dans le dos.
Retrouvé ensanglanté
dans le séjour
Des voisins se souviennent de l'avoir croisé dans les couloirs, la semaine dernière. « Il n'était pas bien, il avait des ecchymoses, un oeil abîmé, se remémore un membre du syndic de copropriété. J'ai sonné chez lui vendredi, il y avait de la musique mais il n'a pas répondu ».
Le calvaire a pris fin samedi dernier. Invités à profiter du « bon plan », deux jeunes découvrent l'homme ensanglanté dans le séjour et alertent les policiers. « Heureusement, car cela aurait très bien pu dégénérer », souffle le procureur de la République de Quimper, Éric Tuffery. Hospitalisée, la victime devait sortir hier soir avec, au moins, quinze jours d'arrêt.
Interpellés ce week-end, les quatre hommes, âgés de 20 à 32 ans, ont été incarcérés pour séquestration, actes de barbarie et extorsion de fonds. Des faits passibles de quinze ans de prison. Le débat se poursuivait, hier soir, sur l'éventuelle incarcération de la mineure de 17 ans.