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Séquestration. « Traité comme un chien »
Libéré après quinze jours de séquestration et de sévices dans son appartement quimpérois, Stéphane témoigne. Sorti lundi de l'hôpital, Stéphane, âgé de 34 ans, ne souhaite plus retourner dans son appartement dont il a été délivré samedi 4 octobre. « Je n'oublierai jamais », lance-t-il en préambule. À sa demande, il a été placé à l'hôpital psychiatrique de Gourmelen, à Quimper. Avec ce besoin de parler. D'évoquer cette dette de 30 € de stupéfiants qui l'a conduit à l'impensable. Le cannabis, lien avec un ravisseur qu'il connaissait depuis quelques semaines et qu'il avait déjà hébergé. « Mais je ne connaissais pas son palmarès judiciaire que j'ai découvert dans le journal (*). Il a débarqué le 15 septembre pour réclamer son argent, et il est resté. À partir de là, il s'est comporté comme s'il était chez lui avec sa copine. Ils dormaient dans mon lit, moi par terre. Il a invité ses potes, l'appart devenait un lieu de rendez-vous où ils venaient pour me fracasser, me faire subir des sévices. Ils me frappaient tous les jours. Ils étaient à chaque fois dans un état lamentable mais savaient ce qu'ils faisaient. Ils étaient morts de rire. La première fois, ils m'ont attaché sur une petite chaise, m'ont bâillonné pour que les voisins n'entendent pas et m'ont roué de coups. Ils m'ont versé de l'eau bouillante dans le dos. Pour eux, c'était un plaisir ».
Les ravisseurs évoquent les assises
« Après, il y a eu ces brûlures au couteau, ce coup de couteau dans le dos, des excréments à manger, un mélange de sucre, poivre, basilic et cumin à fumer, une guitare cassée sur ma tête, des tabassages quotidiens... D'après eux, j'avais le crâne dur et je cicatrisais vite. Je n'étais jamais soigné, souvent en sang. Je les ai entendus dire " on est mal si les flics le voient, on ira aux assises " ». Les quatre amis, âgés de 17 à 32 ans, ne se contentaient pas de frapper. Ils l'humiliaient. « Je devais faire le ménage tous les jours. Dans la journée, je restais assis par terre, avec ordre de fermer ma gueule. Le soir, je dormais dans un sac de couchage, posé au sol ». Ils le dépouillaient, également. 500 € ont été retirés de son compte avec sa carte bancaire. Stéphane reconnaît que ses ravisseurs ont largement profité de sa personnalité fragile. « Mais quand vous recevez des coups, vous vous recroquevillez sur vous-même. Si j'ai essayé de partir ? Mais je ne pouvais pas, il y avait toujours quelqu'un qui me surveillait. Crier ? J'avais tout le temps quelque chose dans la bouche quand ils me frappaient. De toute façon, cela aurait été pire, ils m'auraient tué. Ils menaçaient sans cesse de le faire si je parlais ».
« Sans elle, je ne serais pas là pour en parler »
Et Stéphane de bénir à demi-mot la fille du groupe, âgée de 17 ans et également incarcérée. « Elle participait moins aux coups et des fois, elle me sauvait la mise. Sinon, je ne serais pas là pour en parler ». Quelques jours avant sa libération, grâce à deux jeunes qui ont eu vent de la séquestration, le Quimpérois n'a pas été loin de craquer. « J'ai pensé à me foutre en l'air tellement je n'en pouvais plus. À un moment, j'en ai eu marre de me faire traiter comme un chien. Je n'avais plus de notion d'heure ou de jour, il fallait que cela se termine ». Aujourd'hui, Stéphane aspire d'abord au calme et assure qu'il va rester à Quimper, ville qu'il a rejointe il y a quelques mois pour trouver du travail. « Et j'attends avec impatience le procès d'assises, là ils vont moins rigoler ». * Le Télégramme du jeudi 9 octobre.



Les initiales de ses ravisseurs gravées sur le bras : un des sévices parmi d'autres subis par Stéphane. . Photo Y.M.
Sources
Le Télégramme
13/10/2008
Rubrique: Morbihan
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