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Rentrée. Les objectifs de l'école catholique
Accueillir les enfants handicapés, diminuer le taux de redoublement, réduire progressivement la scolarisation dès deux ans, et relever le défi du recrutement de professeurs techniques : Jean-Louis Bideaud (*) a présenté, hier, les orientations du réseau, à l'orée d'une année scolaire qu'il qualifie de « satisfaisante et sans surprise ».
Pour Jean-Louis Bideaud, l'amélioration de l'accueil des enfants handicapés est une priorité à un double titre : il s'agit, bien sûr, de leur permettre d'accéder à des conditions favorables d'enseignement et d'accompagner les familles, mais aussi d'apporter à leurs camarades de classe un regard sur la différence. « La différence enrichit », déclare-t-il. « L'enfant handicapé apporte beaucoup, il transforme les élèves ». Cette priorité pour les élèves en difficulté et handicapés se traduit par la poursuite de l'effort en matière de structures nouvelles (quatre unités pédagogiques d'intégration, deux classes relais, deux classes d'intégration) et personnel dédié (douze maîtres référents, 66 postes d'auxiliaire de vie scolaire). « Mais, au-delà de la réactivité de l'organisation, le regard collectif de toute une communauté éducative qui accueille est primordial ».
Maternelle à deux ans : amorcer la décrue
L'accès à la maternelle dès l'âge de deux ans a atteint en Bretagne - et surtout dans le Morbihan - un niveau inégalé. Est-ce une bonne chose ? Sur le plan de l'évolution de l'enfant, comme sur celui de la mission de l'école, l'enseignement catholique a des doutes. « Va-t-on pouvoir continuer à se substituer aux collectivités locales ? », s'interroge Martial Limouzin (directeur diocésain du Morbihan). « L'accueil avant trois ans s'est développé en raison du manque de dispositifs autres que scolaires, surtout en milieu rural. Au bout du compte, c'est autant de moyens en moins pour les autres écoliers que nous devons recevoir ». Il va engager une réflexion dans son département et envisage, d'ores et déjà, d'amorcer une décrue des effectifs des tout-petits. « Il faudra y aller avec beaucoup de prudence et de délicatesse », souligne-t-il. « Nous savons, bien sûr, que les familles sont touchées par cette question ».
Transmettre un savoir qu'on n'a pas...
Comment recruter des professeurs techniques, alors qu'une contrainte académique leur impose d'être titulaires d'une licence pour pouvoir enseigner ? « Il n'y a pas beaucoup d'ébénistes à avoir suivi trois ans d'études supérieures », commente Jean-Louis Bideaud. « Allez chercher un diplômé de l'université qui connaisse suffisamment la culture sous serre pour pouvoir l'enseigner ! », ajoute François Sevestre, chargé de l'enseignement agricole. Faute de pouvoir faire appel à des artisans qui possèdent parfaitement leur métier, les établissements doivent se rabattre sur des professeurs qui n'ont pas une bonne connaissance pratique. Difficile de transmettre un savoir que l'on n'a pas... * Président du Comité académique de l'enseignement catholique de Bretagne, directeur diocésain du Finistère.


Sources
Le Télégramme
07/09/2007
Rubrique: Morbihan
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