Plan Campus. « Ce n'est pas un échec »
Les universités bretonnes ne bénéficieront pas de la manne du Plan campus. Une déception mais qui ne les conduit pas à renoncer à leur projet de « campus numérique ». Le dossier a été repris par André Chomette, directeur de l'école de Télécom Bretagne et vice-président de l'UEB (Université européenne de Bretagne).
Pourquoi ne pas avoir redéposé un dossier pour la deuxième vague de sélection comme c'était l'intention première de l'UEB ?
On a changé d'avis parce que le ministère nous a dit : « On vous a déjà donné la réponse, on ne la changera pas. Faites comme si vous aviez été accepté et retravaillez votre projet ». Recandidater aurait été inutile. En fait on est dans une situation paradoxale : on est à la fois retenu et non retenu (*).
Oui, mais n'est-ce pas dommageable pour la Bretagne quand on sait que l'objectif du Plan campus est de faire émerger des universités d'excellence de niveau mondial ?
La communication des universités retenues est de dire : on est un campus de l'avenir. Mais quand on regarde les choses de près ce plan vise avant tout à remonter des campus délabrés. Il se trouve que la Bretagne a entretenu beaucoup mieux ses installations que beaucoup d'autres. Dès le début on savait avec notre projet de campus numérique que l'on n'était pas dans les clous du cahier des charges.
Pour vous, ne pas faire partie des lauréats n'est donc pas un échec ?
Contrairement à ce qui a été dit ce n'est pas un échec. On a réussi à monter un dossier, à se mettre d'accord entre universités et grandes écoles. En Bretagne on est toujours un peu à la marge. Il faut faire avec cette décision et en tirer du positif. Même si on ne fera pas ce qui va se faire à Saclay ou à Montpellier notre projet va changer la manière d'enseigner en Bretagne.
Par rapport au projet initial qu'est-ce qui va changer ?
Aujourd'hui on pense que la partie bâtiment est trop importante. On va retravailler le projet en privilégiant les services, les logiciels, les réseaux. Si ça marche on va pouvoir faire travailler un étudiant de Lannion avec un professeur de Brest ou de Rennes sans qu'aucun ne soit obligé de se déplacer. L'expérience montre que si la qualité est là les comportements changent.
Financièrement comment allez-vous faire ?
Nous aurons évidemment beaucoup moins que les 80 M€ prévus dans le projet initial. On peut envisager une espèce de consortium avec des financiers, des entreprises privées. Il y a des partenariats privés à mobiliser. On va aussi se coupler aux contrats de projets État-Région.
Que pouvez-vous espérer directement de l'État ?
Honnêtement, pour l'instant, je ne sais pas. On nous a promis un financement pluriannuel sur trois ans, 2010, 2011, 2012.
* Bien que n'ayant pas été retenue parmi les dix universités du Plan campus, la Bretagne a été classée parmi les sept « campus prometteurs » à fort potentiel scientifique et pédagogique dont l'État s'engage à renforcer la vocation de pôle structurant pour leur territoire.