Loyers. Coup de frein en Bretagne
Bonne nouvelle pour les locataires : les loyers continuent à augmenter cette année en Bretagne mais beaucoup moins fortement que les années précédentes.Selon le Clameur, l'observatoire des loyers du marché locatif privé, l'augmentation moyenne des loyers en Bretagne a été depuis le début de l'année de seulement 0,1 %. C'est nettement moins que pendant la même période de l'an dernier (+2,4 %). C'est également nettement moins que le rythme de la hausse enregistrée sur l'ensemble de la France. Certes, le rythme national continue à baisser mais il a encore été de 2,1 % (contre 2,7 % en 2007).
Il n'y a que l'Aquitaine, l'Alsace et la Haute-Normandie qui ont enregistré un coup de frein plus fort que la Bretagne. Pourquoi cet écart avec l'ensemble de la France ?
Pour Michel Mouillard, responsable scientifique du Clameur, cela tient sans doute au fort renouvellement des marchés qu'a connu ces dernières années la région. « Aujourd'hui, ça se tasse », observe-t-il. En moyenne annuelle, la progression du prix des loyers a été de 3 % depuis dix ans en Bretagne, ce qui plaçait la région dans le peloton des régions dont le rythme de hausse était jusqu'ici le plus élevé.
A cela, il convient d'ajouter des causes que l'on retrouve partout mais qui sont peut-être plus marquées en Bretagne que dans d'autres régions comme la réduction sensible de la mobilité engendrée par les incertitudes liées au pouvoir d'achat.
Encore des hausses
Ce ralentissement ne touche toutefois pas toute la Bretagne d'une manière uniforme. Dans certaines villes, les locataires qui ont signé un bail depuis le 1 er janvier ont encore parfois subi de sensibles hausses. Des hausses largement supérieures à la moyenne régionale. C'est le cas notamment à Brest où l'augmentation des loyers a été de 2,9 %, à Redon avec + 4,1 % ou à Ploemeur (56) avec + 4,8 %. Le record de la hausse revient aux communes de la périphérie de Lannion où l'augmentation a été de 6,5 %.
12 euros le m² à Rennes
A l'inverse, « l'effet pause » s'est confirmé à Lorient et Vannes, Saint-Brieuc et même Rennes où le mètre carré se loue aujourd'hui 12 euros, ce qui correspond très exactement à la moyenne nationale. Dans certaines villes, des baisses ont même été enregistrées comme à Hennebont (-0,1 %) et Landerneau (-1,6 %). A noter que le ralentissement touche plus les logements de deux trois ou quatre pièces et les studios que les grands.
On remarquera que les « petits » marchés font souvent l'objet d'évolutions en dents de scie avec une forte hausse puis une forte baisse et à nouveau une augmentation importante. Les marchés d'une certaine taille ont par contre une évolution beaucoup plus linéaire. C'est le cas à Brest où depuis dix ans l'augmentation annuelle se situe grosso modo dans la moyenne nationale (3,7 %). Pour les spécialistes c'est la caractéristique des marchés en phase de développement régulier.
Les chiffres du Clameur
Ces variations de prix sont celles enregistrées à l'occasion de la signature de tout nouveau bail. Elles ne concernent pas les baux en cours, ceux dont la revalorisation est indexée sur l'IRL (indice de référence des loyers) de l'Insee.