Lézardrieux. Retour aux urnes sous haute tension
Dimanche,
les électeurs
de Lézardrieux retournent
aux urnes pour élire un conseiller municipal.
Une élection sous tension car la majorité est en jeu. Le maire a déjà annoncé qu'il ne démissionnera pas. Même s'il est placé en minorité.
À Lézardrieux, les élections municipales s'offrent une prolongation. Dimanche, dans cette commune de 1.600 habitants, on ressort les urnes, les isoloirs et les listes électorales.
Un troisième tour que les électeurs doivent à un recours déposé par la préfecture et à une décision du tribunal administratif. Celui-ci a invalidé l'élection de Yanick André, conseiller municipal de la majorité. Sa profession de directeur du foyer-logements a été jugée incompatible avec un mandat municipal.
Une décision qui a du mal à passer auprès du maire, Joseph Le Biller. « Nous sommes amers car, ayant un doute, Yanick André avait demandé à la sous-préfecture s'il pouvait se présenter. Le sous-préfet a répondu oui et finalement l'élection a été invalidée », souffle-t-il.
Neuf contre neuf
au conseil municipal
Joseph Le Biller est d'autant plus embêté qu'il bénéficiait d'une très courte majorité au conseil municipal. Dix élus contre neuf à l'opposition. Depuis la décision du tribunal administratif, ils sont neuf contre neuf. Autant dire que dimanche, c'est la majorité qui se joue. Pour tenter de la conserver, le maire a choisi Guy Bodénan. En mars, il ne lui avait manqué que trois voix pour être élu. L'opposition, la liste Lézardrieux Avenir, a aussi choisi son meilleur candidat non élu : Dominique Guégo. Ils devraient être les deux seuls en lice dimanche.
Mais le scrutin sera surtout un duel entre deux autres hommes. Joseph Le Biller, le maire sortant, et Jean-Paul Goffic, chef de file de l'opposition.
« Même en minorité
je resterai maire »
Deux styles diamétralement opposés. Le premier est ancien chef mécanicien de la marine marchande. À 71 ans, cet homme d'apparence assez froid est très connu de la population. Il est élu depuis 1995 et maire depuis 2001. Jean-Paul Le Goffic, lui, a 62 ans. Cet ingénieur à la retraite, au CV long comme le bras, a fait carrière à Paris. Il excelle dans l'art de communiquer.
Les deux hommes ne s'apprécient guère. En cas de victoire, Jean-Paul Le Goffic réclamera la démission du maire. Ce dernier a déjà indiqué qu'il n'en était pas question. « Même en minorité, je resterai maire », prévient-il. Joseph Le Biller ira jusqu'au bout. Quitte à contraindre le préfet à dissoudre le conseil si celui-ci est entièrement bloqué.
L'ambiance est tendue. Une petite scène observée vendredi dernier est parlante. Joseph Le Biller s'apprête à quitter la mairie. En poussant la porte, il tombe nez à nez avec Jean-Paul Le Goffic. Le maire est troublé. « Priorité au sortant », lui glisse malicieusement son adversaire avant une froide poignée de mains. On saura dimanche si les électeurs confirment l'adage.