« Le Tour ? C'est une petite ville qui se déplace »
30.000 à 50.000 personnes attendues à l'occasion du Grand départ du Tour de France, samedi. Un million, sur la semaine Brest 2008. Pour quelles retombées économiques ?
Complexe à évaluer. En termes de retombées économiques directes, le Tour de France, c'est la réception de 5.000 personnes pendant quatre ou cinq jours à Brest. C'est une petite ville, à nourrir, à loger, qui se déplace. C'est une économie qui fonctionne car les spectateurs sont, eux aussi, à accueillir sur tout le pays de Brest. « Sur la première quinzaine de juillet, les hôtels affichent complets, dit-on à l'office de tourisme. Et, une part importante des gens qui suivent la compétition se déplace en camping-car ».
Au camping du Goulet, à la sortie de Brest, ils pourront stationner. Il y a quinze jours, les mobil-homes y achevaient de faire le plein pour la période Brest 2008. « C'est plus tardif qu'en 2004 », assurait alors Laurence.
De midi à minuit
Ouvertes sept jours sur sept, plusieurs grandes brasseries brestoises travailleront en continu, de midi à minuit. « En 2000, nous avions fait, en moyenne, 1.100 couverts par jour. En 2004, avec le mauvais temps, ce fut un peu moins bon », témoigne Jacques, maître d'hôtel à la Taverne de Maître Kanter.
Quant à la fréquentation en centre-ville, une hausse est-elle déjà palpable ? « Depuis deux semaines, le samedi, nous faisons 300 couverts au lieu de 200 », indique Cynthia, serveuse à l'Adagio. « Je ne sais pas si les touristes sont plus nombreux qu'habituellement, mais, en tout cas, il y a beaucoup d'Espagnols. Dès le week-end prochain, nous ouvrons le dimanche. Je suis prête...».
Au port de commerce, Philippe, des « Quatre vents », lui, ne sent rien. « Ce sont les touristes habituels du mois de juin qui sont là. Le Tour ? Pour l'instant, il est à Penfeld. C'est trop excentré ». Mais ça va venir.
Après samedi, la Grande Boucle, on le sait, ne verra pas Brest avant quelque temps. Quant à Brest 2008, est-elle la dernière édition d'une série lancée en 1992 ? « On en parle. Mais cette fête-là, il faut être sacrément culotté pour l'avoir mise en route. Si Brest arrête, d'autres récupéreront l'idée. En mairie, ce débat aura lieu. Pour l'instant, je n'ai pas entendu qu'on y renonçait », affirme Patrick Appéré.
À l'heure du bilan financier, il ne devrait pas y avoir de « petits soucis » susceptibles de peser sur la décision. « Nous avons changé de mécanique. Depuis 2004, chaque année, sur trois ans, nous avons provisionné le budget à hauteur de 900.000 € ».