La chenille processionnaire arrive dans les Côtes-d'Armor
Contrairement à ce que l'on constate pour les oiseaux (l'ibis sacré semble se plaire dans le Morbihan) ou les poissons, les signes de migration d'insectes ou de végétation en provenance du sud de l'Europe ne sont pas encore très nombreux en Bretagne.
Si la mante religieuse se fait discrète - des oeufs ont été trouvés sur la lande de la Poterie, près de Lamballe (22), en septembre 2006 (*)- il en est une qui manifeste sa présence de façon plus ostentatoire : la chenille processionnaire. De fait, son « aspect urticant en fait un vrai problème de santé publique », affirme Pierre-Yves Caudal, technicien de l'ONF (Office national des forêts) : « Il y a quelques années, on ne la trouvait pas au nord de Quimper. Aujourd'hui, le Morbihan en est infesté et elle effectue une remontée spectaculaire vers les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine ». De nouveaux papillons ont également fait leur apparition en Bretagne. Des papillons qui, globalement, ont entamé une vaste migration vers le Nord, en moyenne de 35 à 200 km, au XX e siècle, pour les espèces du nord de l'Europe.
Quant aux végétaux, Marion Hardeguen, du Conservatoire botanique de Brest, évoque, avec précaution, trois espèces méridionales dont « la progression récente peut éventuellement être mise en lien avec le réchauffement climatique ». La sérapias à petites fleurs, une orchidée d'origine méditerranéenne, s'est répandue rapidement sur le littoral depuis les années 70. L'andryale, plante des terrains siliceux, s'est elle installée dans les terrains vagues et les zones rocheuses ; elle était inconnue en Bretagne au début du XX e siècle. Enfin, le crépis de Nîmes s'est largement répandu vers le Nord en région maritime.
* Selon Jerémy Allain, VivArmor nature.