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Interceltique. Le président à la une
Incontournable dans le monde de la presse, Noël Couëdel s'est mis en retraite de la République des médias pour revenir à ses amours lorientaises... mais à un endroit où on ne l'attendait sans doute pas : hier, il est devenu officiellement le nouveau président du Festival interceltique de Lorient. En 2007, le Festival interceltique n'en finit pas de faire sa mue. Après le remplacement de son directeur Jean-Pierre Pichard, pourtant réputé indéboulonnable, par l'Asturien Lisardo Lombardia, voici qu'à présent, c'est la présidence qui change de tête. Jacques-Charles Morice débarque. Noël Couëdel monte à bord.
D'une présidence à l'autre
Là où son prédécesseur semblait plus distant, Noël Couëdel joue à fond la carte séduction. Affable et chaleureux, sympathique à l'avenant. Trop pour être sincère ? Peut-être pas. Mais l'homme a de toute façon trop de bouteille pour se laisser mettre en boîte. Les médias, la communication, ça fait 40 ans qu'il pratique... Alors, on ne va évidemment pas lui apprendre à faire la grimace. Ancien directeur de l'information de RTL ou d'i-Télé, à l'origine du lancement de l'Équipe magazine, Noël Couëdel s'est fait un nom dans le monde de la presse... et un carnet d'adresses alléchant pour le Fil. On ne reviendra pas sur ses longs états de service, ce qui d'ailleurs ne l'intéresse guère : « C'est vécu, c'est passé, parlons plutôt d'autre chose ». Et pourquoi pas de foot ? Le nouveau patron du Fil n'est pas vraiment un inconnu sur la place lorientaise. Les supporters se souviennent de sa première présidence lorientaise, à la tête du FCL (Football-club de Lorient). Un passage (entre 1998 et 2000) qui a laissé des souvenirs contrastés.
Échec
On tente une approche sur cet épisode qui fut, (sur la fin, en tout cas), douloureux. Il amortit sans problème. « En fait, ce sont plutôt de bons souvenirs. J'y ai gagné quelques amitiés définitives. Je connaissais très peu Christian Gourcuff (NDLR : l'entraîneur). On a vite fait connaissance et j'ai eu envie d'accompagner cet homme. On est descendu pour un but, et ça a été une vraie douleur. Et puis, il fallait trouver un nouveau propriétaire et je me suis heurté à un mur : "Quoi, tu veux vendre le club de nos parents ?" m'a-t-on dit. C'était un sac de noeuds qu'il fallait démêler. Je n'ai pas réussi », avoue-t-il, sans tenter de disserter doctement et plus longuement sur l'adaptation inévitablement brutale d'un bon club régional et familial à l'ère du foot business.
L'art du contre-pied
En amoureux du ballon rond, Noël Couëdel manie l'art du contre-pied à merveille. On l'imagine toujours mû par l'ambition ? Il dribble en se déclarant avant tout « amoureux et heureux ». Conseillé par son ami Jean-Yves Le Drian, on lui prête des ambitions politiques au niveau local ? Il ne botte pas en touche : « Jean- Yves aurait bien aimé, oui. Cela fait des années qu'il m'en parle. J'ai été sollicité. Je ne pense pas avoir été le seul. Mais après y avoir réfléchi, j'ai vite abandonné l'idée. En fait, dans ma vie, j'ai été heureux parce que j'ai beaucoup refusé ». Pour vivre heureux, vivons caché ? Un adage qui s'accommode pourtant mal de sa nouvelle casquette de président. « Moi, je n'étais candidat à rien », affirme-t-il encore.
Du temps pour le Fil ?
« Le Fil, je l'ai accepté parce que j'adore Jean-Pierre Pichard, et que le feeling est immédiatement passé avec Lisardo Lombardia, un type extra ». Encore lié par quelques projets, à Paris, et notamment le lancement d'une série de DVD témoignages (*), Noël Couëdel sera-t-il un président (très) présent ? « J'ai désormais du temps pour cela. Je ne suis pas là pour me mêler du travail des créatifs, je me vois plutôt comme un coordinateur. Mais il y a du travail pour trouver de nouveaux annonceurs, notamment, après le désengagement de l'État et des subventions publiques ». Ça, sans oublier ce qui paraît essentiel au nouvel homme fort du Fil : « Mon projet, c'est de continuer à être heureux en évitant les ennuis. Avec le Festival, c'est jouable ». C'est à souhaiter, mais, et les expériences passées le prouvent, tout de même loin d'être évident. * « Ce sera le film d'une vie », explique Noël Couëdel. « La possibilité pour celui qui le souhaite d'enregistrer ses mémoires sur un DVD à garder ou/et à passer à ses enfants... parce qu'il n'y a pas de vie inintéressante ».



Après L'Équipe, Le Parisien, RTL, i-Télé, Noël Couëdel s'éloigne du monde de la presse pour se rapprocher de la ville qu'il aime : le voilà président du Festival interceltique de Lorient. (Photo G.R.)
Sources
Le Télégramme
06/10/2007
Rubrique: Infos régionales
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