Infirmière. Aux petits soins pour les élèves
Dans le bureau de Catherine Le Riblair, infirmière de l'Education nationale au collège Brizeux de Lorient, les élèves viennent chercher soins, pansements ou médicaments. Mais bien souvent, l'échange dépasse ce cadre médical. Un dialogue s'instaure, parfois des confidences s'échappent, un lien de confiance se tisse.
« Dans mon métier, l'une des choses que j'apprécie le plus, c'est la diversité, lance, avec un sourire, Catherine Le Riblair, infirmière de l'Education nationale au collège Brizeux de Lorient. Quand j'arrive le matin, je ne sais pas du tout ce qui va se passer ».
Effectivement, dans les établissements scolaires, son rôle prend des formes multiples. Loin, très loin du travail qu'elle a connu dans les hôpitaux, où sa tâche se concentrait essentiellement sur les soins. « Ici, ma mission est de prendre en compte les problèmes de santé généraux des élèves pour qu'ils puissent réussir leurs études dans les meilleures conditions possibles ».
De la « bobologie » à la psychologie
Aussi, outre les pathologies physiques à suivre et les petits bobos à traiter, il s'agit également de permettre aux élèves d'effacer leurs bleus à l'âme. « Nous prenons en compte le mal-être lié à l'adolescence, souligne l'infirmière qui exerce en milieu scolaire depuis septembre 1999. Finalement, mon rôle principal, c'est l'écoute. Afin de distiller ensuite conseils et orientations ».
Car la demande n'est pas forcément en adéquation avec le besoin réel de l'élève. « Souvent, ils somatisent leurs soucis et viennent pour des maux de tête ou de ventre. Ce n'est que petit à petit qu'on arrive à comprendre la véritable raison de leur passage. Pour mettre en évidence et cerner le problème, le témoignage de l'adolescent doit être décrypté ».
Des collaborations étroites
Mais attention, l'infirmière n'oeuvre pas seule. Elle collabore avec différents acteurs de l'établissement : médecin scolaire, enseignants, administration, assistante sociale, conseillers principaux d'éducation. « Le suivi de certaines pathologies, diabète, épilepsie, mucoviscidose, allergies alimentaires ou dyslexies s'effectue avec le médecin grâce au projet d'accueil individualisé (PAI). Il n'a lieu qu'avec l'accord de l'élève et des parents ».
Cette prise en charge spécifique peut être accompagnée par une campagne d'information auprès de ses camarades. « Dans le cas d'un élève diabétique dont nous avons assuré le suivi de glycémie, une sensibilisation des enseignants et des élèves a été réalisée. Pour ces derniers, c'est l'occasion de s'intéresser à la santé des autres ». D'autres actions sont menées par l'infirmière avec le comité d'éducation à la santé et la citoyenneté (CESC), à l'instar d'une opération « don du sang ».
Contre la prise de risque
La prévention contre la prise de risque - alcool, vitesse, sexualité, cannabis ou internet - tient également une part importante dans les actions. Les thèmes abordés sont aussi multiples que la forme des interventions. « Cette année, il y aura un après-midi " théâtre-forum ". Là, les élèves pourront improviser avec des comédiens et trouver la meilleure solution pour sortir d'un drame ».
Tout type d'idées est le bienvenu pour faire évoluer le travail. « C'est une remise en question permanente. Pour nous améliorer, nous nous entraidons entre collègues, on s'échange beaucoup de tuyaux. Et surtout, on adapte nos actions à ce que l'on observe, aux besoins et aux demandes des adolescents ».