Inde. Nikolaz Godet un Breton au Rajasthan
Il a décidé d'épicer sa vie et s'est établi en Inde. Nikolaz Godet est une incarnation de ces Français partis vivre et investir à l'étranger. Il a plusieurs projets entre Bretagne et Rajasthan.
Un grand gwen ha du pendu dans un escalier sombre et perdu d'Udaipur « la blanche ». Le drapeau breton, blanc et noir, au royaume des couleurs, le Rajasthan, au nord de l'Inde. Il appartient, comme le restaurant et la porte de la cuisine qu'il recouvre, à Nikolaz Godet : 28 ans, cheveux en pétard, voix à la M. Cool. Un doux. Mais avec un sacré esprit d'entreprise.
De La Défense
aux éléphants
C'est à sa « guest house » que l'on rencontre le plus facilement ce Rennais. Il vient de racheter aussi ce petit hôtel après en avoir tenu un autre pendant trois ans. « Je compte également ouvrir à Udaipur une Alliance française (1). Je cherche des locaux », explique ce jeune homme qui a quitté Paris, il y a trois ans, après trois autres années passées comme informaticien dans des multinationales. Il a fait un peu le tour de La Défense. Il est parti au Rajasthan, y voir les éléphants. Mais pas seulement.
« Je ne voulais pas passer ma vie derrière un ordinateur. Je suis venu en vacances en Inde pendant cinq mois et j'ai décidé de m'y installer ». Pour de bon, semble-t-il, puisqu'il va se marier là avec une Indienne, en septembre prochain.
Et puis, Nikolaz a encore d'autres projets, liés justement à la Bretagne. Pour l'heure, il vend de l'artisanat indien « un peu original » sur les marchés artisanaux de Dinard à Paimpol, en passant par Erquy et Saint-Quay-Portrieux, en mai et juin.
Des voiliers indiens
en Bretagne
« Je me lance aussi dans la vente de bateaux indiens en Bretagne. Des voiliers de 25 m, avec un mât. En mai, nous allons sortir une brochure. En septembre, la production débutera ici, en sous-traitance ». À bas coût, naturellement, dans ce pays émergent.
« J'ai avec moi, en France, un architecte et une autre personne qui s'occupera de la promotion. En Inde, deux hommes s'y attelleront aussi, et surveilleront l'évolution des chantiers. Les bateaux auront trois finitions différentes : du simple au luxueux ». On peut voir des photos de constructions du même type : coques assez rondes avec du bois qui semble costaud, décorations sur l'arrière, conçu comme une grosse cabine à balcon.
Livraison en France
ou sur place
« Le client pourra se faire livrer en France ou venir chercher le bateau ici. Nous lui offrirons alors le billet d'avion ». Une façon de contribuer au tourisme (et aux autres activités de Nikolaz ?), une industrie en plein boum en Inde. Un aéroport international doit d'ailleurs ouvrir à Udaipur, l'an prochain.
L'ancien élève du lycée Le Dantec, à Lannion (en formation complémentaire après son bac pro), espère participer ensuite à des manifestations, comme les Chants de marins, à Paimpol, ou Brest 2012. Il fait aussi partie de l'association BreizhIndia (2). Il l'a présidée. « Nous lançons deux voyages par an au Rajasthan, de l'écotourisme », enchaîne-t-il. « Maximum dix personnes ». Le circuit est déjà dessiné.
À ses heures perdues, le jeune homme s'adonne aussi à la photographie. Il vient de trouver un éditeur pour son petit livre : « Regard d'ailleurs, from Brittany to India ». 500 exemplaires. Qui vous dit qu'ils ne feront pas des petits ?
1. Réseau d'agences, partout dans le monde, où l'on peut notamment apprendre le français.
2. Site Internet : breizhindialog.com