Formation maritime. La façade atlantique veut sa part
Maintenir un enseignement supérieur maritime sur la façade atlantique, c'est l'objectif du Comité maritime de la façade atlantique (Comafat), créé le 27 mai, à Nantes.
Déficit d'officiers
de marine marchande
« L'Europe traite, par le transport maritime, 90 % de son commerce mondial et 40 % du commerce intracommunautaire. Du chômage, il n'y en a pas dans la marine marchande », martèle Gustave Viala, délégué du comité. « En revanche, en France, alors que les armements ont, en commande, pour les prochaines années, plus de bateaux qu'ils n'en ont actuellement sous pavillon français, notre marine marchande souffre d'un déficit chronique d'officiers, qui est passé de 600 à 800 ».
Les raisons en sont variées. Il y a l'« évaporation » naturelle des effectifs, beaucoup d'officiers changeant de profession après dix ou douze ans. « Mais il y a un déficit certain dans la formation, notamment depuis qu'on a séparé les écoles nationales de la marine marchande (ENMM) en deux. Au Havre et à Marseille, la filière « académique » (officiers dits de commandement) et, à Saint-Malo et Nantes, la filière professionnelle (officiers dits d'exécution). Le Havre et Marseille ne forment que 200 officiers par an et n'ont pas actuellement la capacité de faire plus, alors qu'il en faudrait 300 par an. Nantes pourrait accueillir immédiatement une promotion supplémentaire. Elle a les capacités d'accueil et les enseignants pour ».
Ne pas oublier
l'Ouest maritime
Cela se ferait dans le cadre d'une université maritime à trois pôles, dont Saint-Malo ne serait pas pour autant exclue.
« Le tout est d'avoir les moyens financiers et humains nécessaires, ce qui n'est pas le cas actuellement. Il s'agit aussi de rendre cette formation plus attractive, avec des diplômes reconnus, qui permettent, comme dans les autres branches de l'enseignement supérieur, de changer de métier. Ce qui n'est pas le cas chez nous, actuellement ». Enfin, « la façade atlantique, plus grand vivier d'activités et de population axées sur la mer, ne doit surtout pas en être exclue ».
Le Comafat va commencer son lobbying par les présidents des quatre Régions et des dix Départements concernés.