Festival. Pour l'amour d'un château fort
C'est dans l'ancienne place forte du pouvoir politique breton au XV e siècle que débutera, demain, le festival Blues au Château. Les organisateurs, tous bénévoles, âgés de 14 à 75 ans, s'investissent depuis trois ans pour entretenir ce château fort. Le plus vieux des Côtes-d'Armor.
Bottes qui remontent jusqu'aux genoux, paires de gants et panoplie complète du jardinier, voilà l'équipement d'un bénévole du festival Blues au Château. Depuis trois ans, ils sont une trentaine, âgés de 14 à 75 ans, à se réunir tous les samedis pour nettoyer et entretenir un site unique, mais quelque peu oublié : celui du plus vieux château des Côtes-d'Armor.
À l'origine du projet, Ronan Richard, professeur d'histoire et passionné de blues. « En créant l'association de sauvegarde et d'animation du château, nous avons pris la suite d'une autre association éteinte. Nous avons imaginé un programme d'animations culturelles, dont le festival Blues au Château. Il nous permet de sensibiliser l'opinion publique et les décideurs autour de l'idée de réhabilitation du château », explique ce trentenaire, président de l'association « mère ». Car, dans le sillon des adultes, une junior association a vu le jour. Elle se compose d'une quinzaine de filles et de garçons, âgés de 14 à 18 ans. Depuis, les grands accompagnent les ados dans leurs démarches administratives et dans ce que certains pourraient appeler « la corvée du château ».
« Que ce soit pour l'entretien hebdomadaire ou l'organisation du festival, nous travaillons ensemble. Cette démarche nous permet d'assurer la relève et d'impliquer les jeunes », reconnaît Ronan Richard. À ses côtés, Gaël, membre de la junior, confirme : « J'ai découvert plein de choses : la musique blues, l'organisation de concerts et, évidemment, l'histoire du château ».
Vendu comme carrière
Et cette histoire, les bénévoles aiment la transmettre. Bâti à la fin du XII e siècle, les Rohan font du château une place forte du pouvoir politique breton au XV e siècle. « Nous savons que quatre ducs de Rohan y ont vécu, raconte Ronan. La fille d'un duc de Bretagne s'y est même mariée devant l'aristocratie européenne ».
Seulement, au fil du temps, le site s'est dégradé et plus particulièrement au XVI e siècle. « Cela correspond au déclin des châteaux forts ».
En 1743, après plusieurs changements de propriétaires, le château sera finalement vendu comme carrière à la paroisse de Loudéac, qui s'en servira pour construire son église. Les nombreuses tours vont être pillées, ainsi que les murs de la forteresse. Aujourd'hui, seul le donjon octogonal, « à l'architecture rarissime », révèle l'éclat passé de cette forteresse. Mais ce témoin est, lui aussi, menacé. « Une grande fissure fragilise le donjon et nous souhaitons en priorité le sauver. Par la suite, nous voudrions y créer un théâtre de verdure ».
Propriété de la mairie depuis 1978, le château pourrait bientôt faire l'objet d'un diagnostic financé par l'association de sauvegarde qui s'accroche à son rêve de redorer l'image d'un château qui veut renaître de ses ruines.
Pratique
Festival Blues au Château, à partir de demain et jusqu'à dimanche, à La Chèze.
Site internet : www.bluesauchateau.org