Expatriés. Un rêve californien
Le quatrième volet de notre série sur les Bretons expatriés est consacré à Marylène Delbourg-Delphis. Cette Normalienne tout terrain, née à Dolo (22) dans une famille de marins, passée de l'enseignement à la mode puis à l'informatique, s'est construit un joli rêve californien.
Professeur de philosophie pendant huit ans, devenue égérie de la mode et de la parfumerie en France dans les années 80, puis journaliste (Vogue, Le Monde) et écrivain (« La mode pour la vie » sur le couturier Jean-Paul Gaultier, ou « Le sillage des élégantes »), Marylène Delbourg-Delphis n'a pas le parcours conventionnel d'une Normalienne. Née à Dolo (22), fille d'instituteurs, elle découvre l'informatique, par hasard, un jour où elle cherchait à rassembler ses données sur les parfums. La jeune femme n'a pas de moyens à l'époque, mais se lance : elle monte en 1985 sa première société de logiciels.
Bingo ! En quelques années, la start-up, « 4 e Dimension », spécialisée dans les banques de données, génère 40 millions de dollars de revenus ! Dix ans plus tard, Marylène s'installe définitivement en Californie, près de San Francisco, à Palo Alto, au coeur de la Silicon Valley. « J'ai la chance d'avoir une maison en bord de mer, dans la péninsule de Monterrey, qui me fait penser constamment à Port-Blanc, Buguèles et Plougrescant, les lieux de mon enfance. Du coup, la Bretagne ne me manque pas véritablement, sauf pour le homard bleu ou l'araignée de mer ! », explique-t-elle.
Une femme d'affaires
Aujourd'hui, après avoir créé puis revendu plusieurs sociétés, avec de belles plus-values, Marylène Delbourg-Delphis est devenue consultante auprès de dirigeants américains. Elle est traductrice (« L'art de se lancer » de son ami Guy Kawasaki), et a mené au succès une société, « Brixlogic », qui développe des logiciels pour les banques et les assurances. Son temps libre, elle le passe auprès de sa fille, Sophie, future chanteuse d'opéra, élève au Conservatoire de Boston, et chez qui elle retrouve le même service en faïence de Quimper que lui ont offert ses parents. « Ma fille est probablement plus bretonnante que moi, estime Marylène. Elle a des quantités de livres et s'intéresse à la langue. Elle est plus attachée à la notion de racines bretonnes, parce qu'elle a presque toujours vécu aux États-Unis ».
Marylène Delbourg-Delphis a de qui tenir : du côté de sa mère (qui partage son temps entre Saint-Brieuc et La Roche-Jaune, près de Tréguier, et une partie de l'hiver à San Francisco), toute la famille était dans la Marine et parcourait le monde. Juste avant la Première Guerre mondiale, lors d'une escale à San Francisco, son grand-père avait même donné des leçons de tango pour se faire de l'argent de poche. Du coup, « la Bretagne a plus été, pour moi, un port d'où l'on part, témoigne-t-elle. Et la notion de port d'attache a toujours eu quelque chose de transitoire. Les bateaux qui ne prennent pas le large ne sont pas des bateaux... ».
Contact
E-mail : mddelphis@earthlink.net