Enseignement du breton. L'inquiétude de Div Yezh
Manque de postes d'enseignants en breton, crise des vocations : Div Yezh, l'association des parents d'élèves de l'enseignement public, réclame des mesures immédiates.
Paul Molac, président régional de Div Yezh, dresse un sombre tableau : « Plus de 4.620 enfants sont en classes bilingues publiques. 90 % de ces enfants sont dans le premier degré et seulement 453 élèves dans le second degré (350 en collège, 103 en lycée). Quelque 150 élèves devraient rentrer en sixième et 50 au moins seront sans filière bilingue. Sur douze demandes d'ouverture de poursuite de filière bilingue en collège cette année, deux seulement ouvriront à la rentrée : une à Saint-Brieuc, l'autre à Carhaix ».
Autre problème : le rectorat a le plus grand mal à pourvoir en enseignants les postes ouverts. Ainsi, l'an dernier, dans la région brestoise, tous les postes existants n'ont pas été assurés et, à Redon, des remplacements n'ont pas été assurés. Pour l'heure, le rectorat recherche quatre enseignants en histoire-géo (Landerneau, Lannilis, Quéven et Redon), deux en mathématiques (Brest, Quéven et Redon), deux en musique (Landerneau, Rennes) et un en EPS, à Lanester. Div Yezh invite les « enseignants volontaires à se faire connaître auprès du rectorat, des inspections et de notre association ».
Faire revenir en Bretagne les volontaires
Autre enjeu pour les militants de l'apprentissage de la langue régionale : faire revenir en Bretagne les enseignants qui peuvent enseigner en breton. « L'un d'entre eux est en ce moment dans l'académie d'Orléans. Il veut revenir en Bretagne pour enseigner en bilingue mais le ministre répond qu'il n'y a pas de place pour lui. C'est pourtant une dérogation à laquelle le ministère s'est engagé ». Autre sujet qui fâche : « Les enseignants, affirme Paul Molac, doivent attendre en moyenne huit ans pour accéder à un congé formation et lors de celle-ci, une partie des frais est à leur charge ! ».
Div Yezh réclame « un plan Orsec de l'enseignement du breton » afin de « ne pas voir disparaître tout un patrimoine culturel qui ne pourrait pas être recréé ».