École. La difficile organisation des stages de soutien
Les élèves de CM1 et CM2 pourront bénéficier, pendant les vacances de Pâques, de stages gratuits de rattrapage. Mais le dispositif n'est pas simple à mettre en place et est contesté.
« Pour l'instant, nous ne savons rien et nous n'avons pas du tout été sollicités ». Au service Éducation de la mairie de Lorient, c'est l'expectative. À dix jours des vacances de Pâques et du début de ces fameux stages, la ville n'a aucune information. Devra-t-elle ouvrir des écoles, prévoir du personnel ? « Nous n'avons aucune information », souligne la responsable du service. Ce que l'on regrette également à la mairie de Saint-Brieuc. « On ne pourrait fonctionner que si l'on sait à quoi s'en tenir ». À Brest, les choses sont un peu plus avancées. Contactée par l'inspection académique du Finistère, la ville a accepté, même si elle regrette le côté unilatéral de la décision du ministre, d'ouvrir une école par quartier.
Annoncé le 6 février par Xavier Darcos, ce dispositif de soutien aux élèves en difficulté de CM1 et CM2 prévoit trois heures de cours quotidiennes de remise à niveau en maths et français, pendant cinq jours, par groupe de six élèves maximum.
Peu de volontaires
Les cours seront assurés par des enseignants volontaires, rémunérés en heures supplémentaires.
Mais y aura-t-il suffisamment de volontaires ? À l'inspection académique du Morbihan, on reconnaît que les enseignants volontaires ne sont pas très nombreux. D'ores et déjà, il semble impossible que puissent fonctionner, dans ce département, les 140 groupes que permettrait l'enveloppe financière octroyée par le ministère. « Dans mon école, il n'y a aucun volontaire et le cas est assez général », souligne un directeur d'école des Côtes-d'Armor, très opposé à ce dispositif qui, observe-t-il, se fait dans un contexte de réduction de postes.
Bonnet d'âne ?
La charge de travail que vont représenter ces stages risque, également, de décourager les enseignants. Parce qu'ils vont devoir travailler sur les contenus et procéder à une évaluation des progrès de chaque élève. Cette charge sera largement supérieure aux 15 heures rémunérées.
L'impact de ces stages sur les enfants constitue une autre interrogation. « Aider les élèves, on est pour mais en organisant des cours pendant les vacances, on focalise sur ceux qui sont en difficulté. Ce n'est pas tout à fait le bonnet d'âne, mais c'est quand même un peu ça », explique un professeur des écoles. Une crainte qu'ont aussi les parents d'élèves de la FCPE qui parlent de « stigmatisation ».