Design. Un créateur touche-à-tout
Plasticien, créateur, architecte, scénographe, Stéphane Plassier, qui a fait ses premiers pas, est un touche-à-tout. L'ensemble de ses créations est aujourd'hui rassemblé en un même lieu, la Set Galerie, à Paris.
Dans un ancien atelier de draperie de 180 m², situé 7, rue d'Uzès, dans le Sentier, à Paris, le créateur rennais Stéphane Plassier a ouvert la Set Galerie. Ce lieu, qu'il a aménagé dans un esprit rétro industriel, rassemble l'ensemble de ses créations.
Derrière la grande verrière, entre le coin salon et la bibliothèque, Stéphane Plassier propose son « art de vivre ». Y sont présentés la ligne de vaisselle « Set up », créée pour la Maison Raynaud, les « Beautiful jacket » et autres « Petite robe noire », pièces maîtresses de ses collections de prêt-à-porter, des besaces, porte-documents et cartables d'architecte issus de sa nouvelle ligne de maroquinerie, mais aussi des meubles, des luminaires et une petite sélection de curiosités conçues par des artistes invités. Au sol et sur les murs, des sirènes ailées se dessinent, un clin d'oeil du créateur à son enfance bretonne bercée par les légendes de marins prisonniers du chant de ces séductrices.
« La Set Galerie est la démonstration de projets nés indépendamment les uns des autres mais qui, aujourd'hui, forment un tout, la Maison Plassier », explique ce touche-à-tout qui, depuis trente ans, articule ses nombreux talents entre design, mode, communication, architecture et scénographie.
Des débuts à Rennes
Né au Theil-de-Bretagne (35), c'est à Rennes, dans l'effervescence culturelle de la fin des années soixante-dix, que Stéphane Plassier fait ses premiers pas. Au Café de la Paix, il se lie d'amitiés avec Etienne Daho, Hervé Bordier, qui deviendra le patron des Transmusicales, Franck Darcel, cofondateur des Marquis de Sade...
Avec cette joyeuse bande, il formait une génération très active, à l'avant-garde. Les uns dans la musique, lui dans la mode. Il signe ses premiers défilés avant de monter à Paris où Jacques Tiffeau, ami de Dior, lui apprend le métier.
Une création tous azimuts
Mais déjà, Stéphane Plassier avait à coeur de multiplier les projets. C'est le début d'une création tous azimuts. L'autodidacte s'occupe des campagnes de pub d'Eram, décline ses fantaisies vestimentaires pour les clips et concerts de Daho, Simple Minds, Indochine... met en scène le Carré Hermès à New York, crée des meubles pour Max Linder, des montres pour Swatch. Il se fait architecte d'intérieur pour rénover l'hôtel Oustau de Baumanière, aux Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône), ou l'appartement de personnalités comme celui de Frédéric Taddeï. Il s'attaque aussi à révolutionner les sous-vêtements masculins. Sa ligne « Dessus-dessous » propose des dessous colorés et élégants. « Si je n'avais fait que de la mode, j'aurais vite saturé. Je n'aurais plus vu où être innovant », explique-t-il.
Boulimique de travail, Stéphane Plassier a aussi développé un studio de création qui conçoit des concepts sur mesure pour des privés, des institutionnels et des industriels. Il vient ainsi de signer la coréalisation de l'Ecole internationale des arts visuels de Marrakech. D'autres projets devraient bientôt voir le jour, mais en Bretagne cette fois.