Bureaux de poste. Le Parc d'Armorique sonne la révolte
Las de compter les heures d'ouverture en moins dans les bureaux de poste de ses 39 communes, le Parc d'Armorique sonne la révolte. Les actions collectives vont se multiplier pour contraindre La Poste à revoir sa stratégie.
Pour la première fois de l'histoire du Parc naturel régional d'Armorique (PNRA), ses élus du comité syndical se lèvent comme un seul homme pour mener un combat politique d'envergure. C'est que la menace d'extinction des bureaux de poste sur son territoire (*) touche à ses fondements même. Daniel Créoff, président du PNRA, le souligne solennellement : « Nous nous donnons pour but de protéger les espèces et leur environnement. L'espèce humaine y compris ».
En première ligne, Ernest Géréec, maire de Plounéour-Ménez rejoint naturellement son homologue de Berrien : « De juillet 2007 à aujourd'hui, le bureau de Poste de Plounéour-Ménez est passé de 22,5 à 3 heures d'ouverture hebdomadaire. La Poste a d'abord prétexté une fréquentation réelle de 10-12 h pour réduire à 15 heures puis de 2 heures pour justifier 3 heures. Le zéro n'est plus très loin. C'est moins l'adaptation horaire que la méthode employée que nous contestons ».
Cinq communes touchées
Celle-là même qui s'applique aussi à Argol, à Brasparts, à Hanvec et à Scrignac, portant à cinq le nombre de communes du Parc concernées par des mesures de réductions horaires sur les sept visées par La Poste dans le Finistère.
But de la manoeuvre ? « Forcer le transfert des charges vers les collectivités », pressent Véronique Raher-Hériaud. Et son collègue du conseil régional, le Plogonnecois Jean-Claude Lessard de sortir la calculette : « Un bureau de poste de plein exercice coûte 50.000 € par an à La Poste, une agence postale communale seulement 10.000 €. Devinez à la charge de qui reviendront les 40.000 € de différence ? ».
Cette arithmétique ne correspond probablement pas à une réalité dans le Parc d'Armorique - aucun de ses bureaux menacés n'engageant 50.000 € de frais - mais elle ajoute à la défiance vis-à-vis d'un groupe « qui a augmenté son résultat net de 16 % entre 2006 et 2007 ».
Alors qu'importe si la Poste annonce une diminution de son chiffre d'affaire en 2008, les élus du PNRA estiment qu'elle a les moyens de maintenir les bureaux de plein exercice sur son territoire. À des horaires d'ouverture bien évidemment conséquents.
Ils sont décidés à faire entendre leur revendication. Notamment, en amplifiant des actions déjà menées à Plounéour-Ménez : motion municipale, du conseil général, de la Région, bombardement épistolaire à l'adresse de Jean-Paul Bailly (P-DG de la Poste) et des parlementaires finistériens, caricature de la campagne de presse de La Poste, achat de timbres avec des pièces de 1 centime. Sans oublier, élément non négligeable, de rallier la population.
* 176.000 hectares, 55.000 habitants.