Bugaled-Breizh. Des soldats anglais ont vu un sous-marin
Moins d'une heure après le naufrage du Bugaled-Breizh en Manche, un sous-marin non-identifié a été vu par des soldats britanniques qui se rendaient en hélicoptère sur la zone du drame.Juste après le drame, y avait-il un sous-marin, le 15 janvier 2004, entre le lieu du naufrage du Bugaled-Breizh et les côtes de Falmouth ? Réponse des cartes officielles du dossier d'instruction : non. Réponse de soldats britanniques embarqués à bord du premier hélico de secours : oui !
« Un sous-marin
à huit milles des côtes »
« On a vu un sous-marin à environ huit milles des côtes », mentionnent le capitaine de corvette D. Cuninngham et le caporal B. Hall dans des dépositions de septembre 2006 et juillet 2007 aujourd'hui portées au dossier d'instruction. Le 15 janvier 2004, lorsque le Bugaled coule avec ses cinq hommes d'équipage à bord, un exercice militaire de l'Otan se prépare et un autre de la Royal Navy est en cours. Tous deux avec sous-marins.
À 12 h 23, dans une mer formée mais habituelle pour le chalutier bigouden de 24 m, le Bugaled sombre... en 37 secondes. À 12 h 59, Cuninngham, Hall et leurs hommes décollent à bord de leur hélico de secours 193 de la base de Culdrose, près de Falmouth. Ils arrivent sur le naufrage à 13 h 16.
Trois sous-marins
anglais non-localisés
Dès ce premier trajet, D. Cunningham dit donc avoir survolé un sous-marin entre Falmouth et le lieu du naufrage. B. Hall ajoute aussi avoir été « étonné de la présence d'un sous-marin en arrivant sur zone ». Quel peut-être ce sous-marin ? Le Dolfijn ? Sur les cartes officielles de l'Otan liées à l'exercice Aswex 04, ce submersible néerlandais est présenté comme le plus proche du point de naufrage. « Mais, à 12 h 53, il dit se situer à onze milles au sud-ouest de là et a indiqué n'être arrivé sur la zone du naufrage que vers 14 h », rappelle M e Kermarrec, avocat de l'armateur Michel Douce.
Difficile d'imaginer donc que ce soit le Dolfijn que les soldats britanniques ont vu depuis leur hélico. Faut-il alors croiser leurs témoignages avec les interrogations de Dominique Salles, l'expert sous-marinier nommé par le juge Foltzer ? Dans les premiers éléments de son dossier, celui-ci s'étonne de l'absence de positions officielles, le 15 janvier 2004, concernant trois sous-marins de la Royal Navy : le Talent, le Tyreless et le Triumph.
Un sous-marin passé
sous silence en 2004
Dans ce dossier, la question de la responsabilité d'un sous-marin dans le drame reste épineuse. Dans leur audition du 19 janvier 2004, les militaires de l'hélicoptère 193 n'avaient d'ailleurs pas fait mention du survol d'un submersible. Le jour du drame, un débriefing avait pourtant eu lieu à la base de Culdrose après l'intervention. Sa teneur figure au dossier d'instruction. D. Cunningham avait tranché : « Il n'est pas de notre responsabilité de signaler la présence de ce sous-marin ».