Bout du Monde. Douche de plaisir
La neuvième édition du Bout du Monde débute cet après-midi en presqu'île de Crozon. Au programme : une pluie d'artistes et de la pluie tout court. Précieux conseils pour passer trois jours entre les gouttes.
Hier matin, déprime au saut du lit. La présentatrice de la météo annonce, avec une jovialité parfaitement déplacée, qu'une « dépression arrivera ce week-end sur la pointe bretonne ». Pile poil, pendant le « Bout du Monde », surnommé depuis 2004, comme chacun le sait, le « festival où il ne pleut jamais ». Un truc à vous mettre le moral au fond des bottes.
Patrice, festivalier ultra-prévoyant, accuse le coup. Il a acheté son billet dès le mois de janvier, s'est procuré tous les albums des groupes invités qu'il a disposés méthodiquement dans sa discothèque avant d'établir un programme rigoureux pour chacune des journées du festival. Vendredi, il ne raterait, pour rien au monde, « Alela Diane, la nouvelle voix du folk » (lire ci-dessous), ni « le crooner Maceo Parker, saxophoniste de James Brown pendant 25 ans », et encore moins « la belle Camille » qui l'a « littéralement scotché au festival des Vieilles Charrues ». « Et, bien sûr, il y a Emir Kusturica et le No Smoking Orchestra », rajoute-t-il. Samedi, son coeur bat d'avance pour « Thiéfaine et Paul Personne, deux monstres de la scène française ».
Et Tiken Jah Fakoly ? « J'aime ses textes et son énergie. J'irai aussi voir Bernard Lavilliers, un personnage, quoi qu'on en dise ».
« Un grand moment d'émotion »
Le dimanche de Patrice tournera autour de la prestation de Bashung, attendue comme « un grand moment d'émotion ». Il se laisserait bien tenté par un petit « Rhythm is love » de Keziah Jones et, pourquoi pas, par un « Du rhum, des femmes » de Soldat Louis.
Ça y est : Patrice va mieux. Ce bref balayage des têtes d'affiches du festival a gommé toutes ses inquiétudes météorologiques. « Après tout, ce ne sont pas deux ou trois gouttes de pluie qui vont doucher l'enthousisame d'un Breton », s'enoeurgueille-t-il avant de s'engouffrer dans sa voiture et de rallier le supermarché le plus proche pour acquérir la tenue du parfait baroudeur du Bout du Monde.
Question camping au sec, Antonin Masset en connaît un rayon. Le programmateur du festival a toujours préféré la tente aux chambres d'hôtel cossues et son sac à dos regorge de conseils pratiques.
Pluie, mode d'emploi
Première étape, l'installation du campement. « Il faut faire attention à ce que les deux toiles de la tente ne se touchent pas. Et ça vaut pour toutes les tentes, même celles qui se montent très rapidement », prévient-il. La mini-mousse ou le matelas présentent, outre un réel confort, une isolation supplémentaire souvent salvatrice car « en camping, le froid et l'humidité rentrent par le sol ».
Et si ça ne suffit pas, « apportez des couvertures en plus, des sacs de couchage, et prévoyez des petites douceurs, du genre barres chocolatées en cas de fringale ». Au niveau vestimentaire, finies « les tongs, les chaussures de ville et les baskets, même de bonne qualité. Optez pour les bottes ou les chaussures de randonnée. Vous pouvez aussi sortir le ciré, c'est parfait ». Et tant qu'à être prévoyant, « n'hésitez pas à prendre du rechange supplémentaire au cas où vos affaires ne resteraient pas au sec ».
Mais voilà Patrice qui revient le coffre plein. A-t-il respecté les conseils d'Antonin ? À la lettre. Le Brestois en a profité pour acheter des tonnes de nourritures et de boissons. Assez, en tout cas, pour tenir en vie une dizaine de festivaliers pendant une semaine. « Parce qu'on sait jamais... », chantonne-t-il gaiement.