Bénévolat. Ces papys globe-trotteurs
Ils ont la bougeotte. L'une revient d'une mission d'enseignement en Ouzbékistan. Un autre du Nicaragua pour une étude sur la production laitière. Michel, un Morbihannais, vient de partir à Madagascar pour trois mois. Un papy « missionnaire » du bâtiment pour le compte d'une congrégation de religieuses de Ploërmel.
C'est à la demande des soeurs cisterciennes de l'abbaye La Joie Notre-Dame, à Campénéac, près de Ploërmel que Michel Tessier vient de s'envoler, le 10 octobre, au lendemain de ses 76 ans, pour les hauts plateaux malgaches.
La mission de cet ancien cadre du BTP ? Surveiller la construction du coeur du monastère que la communauté cistercienne bretonne a ouvert en 1996. Dix-huit mois de travaux, 2.000 m² à faire sortir de terre : le défi n'est pas mince. Mais rien d'impossible pour le Morbihannais, habitué, vingt ans durant, aux chantiers titanesques, à l'export pour le compte des mastodontes du BTP français : Moyen-Orient, Afrique, Arabie, Europe de l'Est.
Au Niger en 2003
« C'est bien de se replonger dans le monde du travail, dit-il. La dernière mission que j'ai effectuée comme bénévole, c'était à Niamey, au Niger, en 2003, pour rénover un collège ».
À quelques jours du départ, le Larmorien fait le point à la congrégation de Ploërmel avec soeur Anne, responsable de la communauté malgache, venue se ressourcer dans sa communauté. Religieuse depuis 57 ans, ce petit bout de femme volontaire n'en est pas à son premier défi. C'est elle qui a créé de toutes pièces le monastère malgache en partant de rien, en 1996. L'église accueille 300 paroissiens et les locaux provisoires abritent douze religieuses dont neuf Malgaches.
Le chantier qui démarre doit finaliser l'installation de la communauté au coeur d'un des pays les plus pauvres de la planète. Michel Tessier a potassé le dossier technique. Il a échangé avec le chef d'entreprise local, via internet. « Il sait construire », dit-il en connaisseur. Soeur Anne lui explique la configuration des lieux, les difficultés éventuelles avec les villageois déshérités.
Bénévole
Le village voisin, qui compte un millier d'habitants, bénéficie de la présence de l'abbaye et du punch de la religieuse. C'est avec l'aide de sa propre soeur, une Niçoise, qu'elle a pu rouvrir l'école pour 260 enfants, fermée durant de longues années.
Une association récolte des fonds et assure le salaire des cinq enseignants de ce village oublié des autorités. Soeur Anne a, jusqu'à présent, supervisé les précédents chantiers. Le soutien de Michel Tessier va lui permettre de se consacrer à ses nombreuses autres activités.
« Pour vivre, la communauté fabrique nougats et biscuits qui sont vendus dans les stations-service et magasins de l'île », dit-elle. Il faut aussi entretenir la forêt d'eucalyptus d'une quarantaine d'hectares - l'une des rares qui a échappé aux incendies - s'occuper des animaux de la ferme. Soeur Mikael, la mère supérieure de la congrégation, a donné un premier challenge à relever au « missionnaire » du BTP : réduire les coûts du chantier d'un million d'euros à 800.000. Réduction du budget oblige.
À Noël, Michel, le papy missionnaire, revient près des siens. C'est un autre Larmorien, Loïc Liébard, un ingénieur du BTP à la retraite, qui prendra le relais pour trois mois. Les deux voisins doivent ainsi se relayer sur 18 mois pour le compte d'Agir (association générale d'intervenants retraités), une association nationale de bénévoles. En plus des missions ciblées à l'international, l'association fait, entre autres, du bénévolat dans plusieurs villes bretonnes auprès des jeunes en difficulté.
Contact :
www.agirabcd.org