« Autour de Perros ». Entre création et interprétation
La création musicale autour du poète Georges Perros était très attendue samedi soir. Une création sensible et magnifique mais une interprétation plus délicate, dans des conditions, il est vrai, difficiles. Mettre des poèmes en musique n'est pas chose aisée. Surtout quand le poète en question est Georges Perros. Alors, présenter la création musicale « Autour de Perros » à une fête maritime ne manquait pas de courage.
Défi relevé par les Fêtes maritimes et par des artistes qui ont accepté de jouer le jeu. « On risque gros ce soir », disait le pianiste Didier Squiban, quelques minutes avant de monter sur scène. Car devant cette scène du port du Rosmeur, plus d'un millier de spectateurs attendaient, impatients de voir Miossec (chant), Squiban (piano), Manu Lann Huel (chant), Pellen (guitare) et Mary (contrebasse). Des spectateurs venus découvrir cette création pour un homme d'exception, interprétée par quatre artistes qui ne le sont pas moins. Pas facile de rendre hommage à ce Georges Perros sans concession, « qui a choisi de quitter Paris et son arrogance pour des gens de rien et de peu », comme le disait Jean-Michel Le Boulanger en introduisant.
Superbe
La création « Autour de Perros » a été époustouflante, c'est certain. La voix enregistrée de Perros montait dans le ciel tandis que l'homme, qui a vécu à Douarnenez, racontait la vie et disait la Bretagne. Une voix posée, un timbre étonnant et des propos aussi ciselés que ses « Poèmes bleus ».
Entre deux entretiens de Perros, le piano de Squiban jouait avec la guitare de Pellen et la contrebasse de Mary. Des phrasés et des rythmes à la fois forts et légers, tirant parfois sur un breizh-jazzy de bon aloi. On connaît le genre et c'est superbe. Et puis les voix : la puissance de celle de Manu Lann Huel et le côté éraillé de celle de Miossec qui tombe bien quand il faut chanter du Perros.
Bémol
Cette création Douarnenez2008 mériterait de se retrouver en CD et d'être écoutée au calme afin d'en saisir toutes la puissance poétique et toutes les finesses. Car il faut aussi mettre un bémol à l'interprétation de ce concert de samedi. L'espace sonore était inadapté à ce genre de démarche intimiste. La sonorisation, trop « limite », brouillait souvent les voix et rendait les textes incompréhensibles, voire inaudibles.
Dommage pour Perros. Et Miossec avait parfois l'élocution trop titubante. De nombreux spectateurs se sont d'ailleurs interrogés... On préfère mettre tout ça sur le compte du stress et de la pression.