Art Rock 2008. Une édition qui a du chien
62.000 spectateurs dont 27.300 entrées payantes : à l'heure des bilans, hier soir, les organisateurs du festival briochin Art Rock affichaient un sourire rayonnant.L'image résume, à elle seule, l'édition 2008 du festival Art Rock, 25 e du nom. Il est 19 h, hier, face au théâtre de Saint-Brieuc. Micky Green s'arrête un instant dans la rue. Rapidement, Roxy, son labrador, ne sait plus où donner de la papatte. Sa maîtresse, tout juste sortie de scène (lire ci-dessous), sacrifie avec un bonheur communicatif au rituel de l'autographe.
Une poignée de jeunes filles, encore sous le charme du show easy-rock de la charmante blonde, quémande, sans difficulté, un petit paraphe ou une image qui pourrait bien rapidement valoir de l'or. L'Australienne, toute candeur dehors, échange quelques mots et s'en va, souriante, promener le toutou veinard sous le soleil déclinant.
À portée de décibels, sous la tente presse, Jean-Michel Boinet, directeur historique du festival, jubile. Avec 62.000 spectateurs, dont 27.300 entrées payantes, son rendez-vous mêlant musique, art numérique et danse, réussit un joli coup. Parmi les souvenirs forts que gardera le chef d'orchestre de son édition 2008, la rencontre improbable, dans la nuit de samedi à dimanche, entre Découflé et Keziah Jones. Ça s'est tenu sous la tente presse. Un impromptu de plus dans l'histoire du festival.
Camille cabotine
Tandis que les uns et les autres devisaient déjà sur leurs coups de coeur, Yael Naim avec grâce et simplicité, apportait sa griffe folk au Hall of fame briochin. Vers 18 h, l'artiste a sorti de son écrin de studio une new soul épatante qui donnait le ton avant l'entrée d'une zébulone en terre de connaissance. Camille, cabotine en diable, a repris le flambeau et servi frappé une performance qui laissa une large partie du public sans voix, même si, du côté des buvettes bondées, une poignée de sceptiques restaient sur leur idée première : l'allumée du Paf (paysage acoustico-vocal français) demeure bien trop portée sur la virtuosité et trop peu sur la simplicité.
Watts sexy
Un clivage et un débat que ne suscitera pas Thomas Dutronc, fils à papa-maman qui s'est fait tout seul et c'est tant mieux. Grateux facétieux, le gamin jazzy l'a emporté sans faire jaser.
Tandis que le soleil radieux tirait sa révérence, jouons à notre tour au j'aime/j'aime pas, aussi plaisant que vain à faire l'unanimité. Parmi les gros succès de la 25e édition, citons ainsi Editors, implacable sur le créneau cold rok. Citons aussi Dionysos furieusement à coeur et à cri, The Noisettes, pour la débauche de watts sexy et Tunng pour son folk choral planant.
Pour ne pas passer pour des béats contemplatifs, nuançons le propos au sujet de Zebramix, habitué au meilleur, dont le mélange foutraque, samedi soir, a pâti d'un manque de décibels et de mise en place. Gardons aussi une esgourde critique pour Keziah Jones avare en nouveaux morceaux.
Micky Green, elle, a bouclé sa promenade costarmoricaine bien avant le retour à la niche des plus inconditionnels art rockeurs. Mais quelque part, dans la tête de ses derniers résonne encore un hymne de circonstance. Un refrain des Stooges qui dit quelque chose comme « I wanna be your dog ».