Agriculteurs. Le dialogue est renoué
Hier à Rennes, environ 70 personnes, de l'ensemble de la filière agroalimentaire, se sont réunies autour du préfet de Région, avant tout pour renouer le dialogue après plusieurs jours tendus.
Producteurs, distributeurs, transformateurs, consommateurs, syndicats mais aussi une dizaine de sénateurs et députés se sont réunis pendant deux heures et demie. Pour le préfet de Région Jean d'Aubigny, il fallait résoudre « un déficit de dialogue » qui durait depuis juillet : « Nous avons donné des pistes pour renouer le dialogue et discuter sur le fond des affaires ».
Au final, pas de solutions miracles mais une méthode pour travailler ensemble. Les responsables de FDSEA se disaient satisfaits à l'issue de la rencontre : « Aujourd'hui, tout le monde, la grande distribution comme les parlementaires, s'accorde pour dire que ce n'est pas le prix des produits agricoles qui fait que le pouvoir d'achat des consommateurs est affecté », souligne Laurent Kerlir, président de la FDSEA du Morbihan et de Bretagne.
Trois pistes de travail
« Nous demandons à vivre de notre métier et pas de primes. C'est pour cela que nous réclamons la révision de la loi sur la modernisation de l'économie (LME) », déclare Jean-Marie Mingan, président des Jeunes agriculteurs du Finistère. La première piste de travail définie est l'aménagement de la LME. La FDSEA souhaite ainsi voir aboutir, avec l'appui des parlementaires qui ont entendu leur message, un moratoire de l'application de la LME sur les produits agricoles et alimentaires. Les agriculteurs veulent aussi une plus grande transparence des prix et une meilleure répartition des marges.
Une seconde piste de travail est la mise en place d'une cellule de crise réunissant les représentants des différents acteurs de l'agroalimentaire activé afin d'anticiper les situations de crise.
Enfin, une dernière piste de travail tend à développer la promotion des produits bretons. « Les produits proposés sur le territoire français et européen devraient être soumis à la même exigence de qualité que les nôtres », expliquent les producteurs. Une nouvelle réunion avec l'ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire devrait se tenir sur ces thèmes et aborder les sujets de fond le 8 décembre prochain.
« Il faut maintenant construire »
Les agriculteurs ont aussi demandé la suppression de l'écotaxe pour la Bretagne, qualifiée de « mesure inadmissible », ainsi que l'abandon des plaintes à l'encontre des agriculteurs qui ont mené des actions cette semaine. Pour Jean-Marie Mingan, « il est temps d'arrêter les confrontations, je pense que tout le monde l'a compris. Il faut maintenant construire ».
Hier, les mouvements de protestation ont pris fin dans le calme là où persistaient encore quelques actions.