Terrorisme. L'ETA frappée à la tête
L'organisation séparatiste basque ETA a été touchée à sa tête, avec l'arrestation, hier à Cauterets, dans les Pyrénées, de son chef militaire présumé, dit « Txeroki ».U n coup sévère a été porté, hier, à l ' organisation séparatiste basque ETA . Son chef militaire présumé, Miguel de Garikoïtz Aspiazu Rubina, alias « Txeroki » , 35 ans, a été arrêté , dans la nuit de dimanche à lundi, à Cauterets , dans les Hautes-Pyrénées .
L'homme était en compagnie d ' une femme , « vraisemblablement sa compagne » , a annoncé la ministre française de l ' Intérieur, Michèle Alliot-Marie. « Txeroki » a été transféré dans la soirée à Bayonne.
Trahi par de fausses plaques d'immatriculation
« Txeroki » avait été repéré quelques jours avant son arrestation. « Nous avons vérifié pour avoir la certitude de sa présence et la décision d ' action a été prise hier soir (dimanche) » , a précisé la ministre.
Dans son appartement, les enquêteurs ont trouvé une arme de poing, de faux documents administratifs et un ordinateur . L ' opération a été menée , sur commission rogatoire de la juge antiterroriste Laurence Le Vert, par des fonctionnaires de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), de la PJ de Bayonne et du Raid.
C' est un renseignement de la Garde civile espagnole, transmis à la DCRI, qui a permis l ' interpellation .
Selon l ' agence de presse basque Vasco Press, « T x eroki » aurait été trahi par les fausses plaques d ' immatriculation parisienne de sa Peugeot 207, qui ne comportaient que deux lettres au lieu des trois habituelles.
La ligne dure
L'homme , réputé incarner la ligne dure de l ' ETA, hostile au dialogue avec Madrid, aurait pris, fin 2003, la tête de ses commandos . Il est soupçonné d ' avoir ordonné l ' attentat de grande envergure à l ' aéroport de Madrid ( deux morts), le 30 décembre 2006 , et d ' être l ' auteur du meurtre de deux gardes civils espagnols à Capbreton (Landes), le 1 e r décembre 2007 . Ceux-ci avaient été assassinés par trois membres de l ' ETA, à la sortie d ' une cafétéria, alors qu ' ils effectuaient une mission de renseignement.
L ' arrestation de « Txeroki » « illustre une nouvelle fois l ' excellente collaboration entre la France et l ' Espagne dans la lutte contre le terrorisme basque » , a souligné M ichèle Alliot-Marie. C'est une « opération déterminante dans la lutte » contre l'organisation, s'est félicité, de son côté, le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
La France constitue la base de repli traditionnelle des commandos de l'ETA. Paris et Madrid collaborent depuis les années 80 contre l'organisation séparatiste, après des années de récriminations espagnoles contre le « sanctuaire » français. L ' ETA, inscrite sur la liste des organisations terroristes de l ' UE et des Etats-Unis, est tenue pour responsable de la mort de 824 personnes en 40 ans de violences pour l ' indépendance du Pays Basque.