Plan climat. Le grand marchandage européen
Les pays européens se préparent à des négociations très difficiles pour sauver, d'ici à décembre, leur plan de lutte contre le réchauffement climatique.L es pays européens ont entamé, hier, le grand marchandage sur leur contribution afin de protéger la planète du changement climatique sans affaiblir leurs industries, fragilisées par la récession.
Un accord avant Poznan
« Le paquet tel qu ' il est ne nous convient pas » : la ministre italienne de l ' Environnement, Stefania Prestigiacomo, a donné l e ton, à son arrivée , hier, à Luxembourg . « Nous espérons que maintenant une vraie négociation va s ' ouvrir » , a -t-elle insisté .
« Il y a une volonté très forte des Etats d ' intensifier le travail pour arriver à un accord avant la fin de l ' année, avant Poznan » , a assuré son homologue français , Jean-Louis Borloo, dont le pays préside l ' UE. A l'issue de la réunion, il s'est félicité d'avoir obtenu un « mandat robuste pour négocier. »
Les représentants des 190 pays de la conférence de l ' Onu sur le climat se réunissent du 1 e r au 12 décembre à Poznan (Pologne), juste avant le sommet européen de Bruxelles , au cours duquel les Etats membres espèrent arriver à un accord à l ' unanimité sur ce dossier.
Mais l e haut responsable de la lutte contre le changement climatique aux Nations unies, Yvo De Boer, craint que les Européens ne renoncent à donner l ' exemple sur ce dossier, après les tensions constatées lors du dernier sommet des 27 .
De fortes réticences
L ' UE s ' est fixée comme objectifs pour 2020 de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre, de parvenir à 20 % d ' énergies renouvelables dans la consommation et à 20 % d ' économies d ' énergie , objectifs réaffirmés hier , selon Jean-Louis Borloo.
Pour les réaliser, l ' industrie lourde de l ' UE doit réduire de 21 % ses émissions de CO2 par rapport à leurs niveaux de 2005 et chaque pays doit remplir des objectifs nationaux visant à réduire de 10 % les émissions des transports, de l ' agriculture, du chauffage pour les bâtiments et des déchets.
A cet égard, de sérieuses difficultés vont devoir être surmontées, et l ' Italie n ' est pas le pays le plus réticent . L'Allemagne refuse en effet la mesure la plus controversée du plan d ' action : la « mise aux enchères » de chaque tonne de CO2 émise par l ' industrie lourde à compter du 1 e r janvier 2013 . Les fonds ainsi recueillis seraient consacrés à la transition vers une énergie propre. Berlin accepte , en revanche , l ' application intégrale du principe du pollueur-payeur dès 2013 pour les producteurs d ' électricité, qui pose problème à huit pays. La Pologne, la R é publique t chèque, l ' Estonie, la Lituanie, Chypre, Malte, l ' Italie et , dans une certaine mesure , la Hongrie demandent des dérogations pour leurs centrales .