Otages. Le difficile retour à la vie normale
Comment se remettre de plusieurs années de détention dans des conditions éprouvantes ?
Pour l es ex-otages de Colombie , il existe des étapes obligées.
« Il va toujours rester des traces, pas toujours pathologiques, mais (il y aura) toujours des changements » , explique Olga Gomez, directrice de « Pays libre » , une ONG spécialisée dans l ' aide psychologique aux personnes enlevées et à leurs familles.
Manque de confiance
Détenus dans des conditions inhumaines, les otages aux mains de s Farc sont restés prisonniers parfois jusqu ' à dix ans, souvent enchaînés, humiliés et malades. « La perte du contrôle de sa vie » donne aux victimes une sensation de vulnérabilité, explique Olga Gomez. « Ils sortent de captivité, manquant de confiance » , souffrant d ' insomnie et de peur du lendemain.
La capacité de résistance dépend souvent de sa « propre histoire » antérieure, relève-t-elle en citant les tendances dépressives, les problèmes conjugaux et familiaux, etc.
Pour résister, la foi religieuse est souvent un atout. « Si on ne s ' accroche pas à quelque chose, on meurt. Rien ne parvient là-bas dans la jungle, sinon Dieu » , souligne Olga Gomez.
Elle explique ainsi les références à Dieu omniprésentes dans les premières déclarations d ' Ingrid Betancourt, que l ' on a vue prier en public et se signer fréquemment.
Une première phase d'euphorie
Juste après la libération, suit une première phase d ' euphorie. Les 15 otages libérés ont traversé dans « un état second » leur première journée de liberté, plein d ' énergie.
Ensuite arrive la phase d '« évaluation » : savoir ce qui demeure, ce qu ' on a perdu, comment s ' est transformée la famille. C ' est le moment de rassembler beaucoup d ' informations provenant des amis et des proches pour « combler le vide » dû à l ' absence.
Le plus dur, c ' est quand après quatre ou cinq mois, il faut se « réadapter » à une vie nouvelle, se réinsérer au travail et reprendre sa place dans sa famille. Alors, pour certains commence une période de « rage profonde » qui généralement se projette contre la famille, l ' Etat, les enfants, conclut la psychologue.