Océan Arctique. Une nouvelle route maritime en vue
La fonte des glaces de l ' océan Arctique, qui pourrait atteindre cet été un nouveau record, est constatée par les satellites, mais également par les navires de plus en plus nombreux qui sillonnent ses eaux .
La fonte des glaces de l'océan Arctique, Olivier Pitras, le skipper français du voilier Southern Star , peut en témoigner : « Nous sommes entrés dans le passage (de la mer de Baffin) le 8 août par le détroit de Lancaster et nous n ' avons pas rencontré de problème avec la glace » , raconte-t-il. Olivier Pitras, qui avait déjà franchi les passages dits « du nord-ouest » en 1999, est abasourdi : « Les deux passages , à neuf ans d ' intervalle , n ' ont rien de commun concernant les conditions de glace. C ' est un autre monde » .
Les scientifiques confirment : « I l y a un retrait important de la banquise pour une deuxième année consécutive, et " l ' accident " de l ' an dernier n ' est pas un accident » , affirme Jean-Claude Gascard (CNRS). Avec seulement 4,25 millions de km ² de glaces restantes à la fin de l ' été, 2007 marquait un record de fonte.
Une économie
de 5.000 km
Le Centre national américain de la neige et de la glace avait annoncé fin août que les données satellites montraient alors une superficie de la banquise de 5,26 millions de kilomètres carrés, soit moins que les 5,32 millions de km ² enregistrés le 21 septembre 2005.
Un phénomène certes inquiétant, notamment pour la montée du niveau des mers, mais une aubaine pour les navires. Dans l'océan Arctique, l es passages du nord-est (détroit de Bering) et du nord-ouest (mer de Baffin) pourraient à terme devenir des routes maritimes importantes, faisant économiser aux cargos plus de 5.000 km entre l ' Atlantique et l ' Asie.
Celui du nord-est, le long des côtes de la Sibérie, est à peu près dégagé au vu des images satellites. Quant aux deux voies du passage du nord-ouest, la branche sud est ouverte depuis plus d ' un mois, celle plus au nord l ' a été récemment.
Trafic grandissant
Le skipper français Eric Brossier, qui hiverne depuis plusieurs années à bord de son voilier Vagabond au large du Spitzberg, a noté cet été au nord de l ' île norvégienne « plus de glaces dérivantes : beaucoup de croisières ont été modifiées voire annulées » .
Il a aussi rappelé qu ' il y a désormais « beaucoup de navires l ' été au Spitzberg : plus de 50 voiliers par an, des paquebots, des chalutiers, des navires militaires, des brises-glaces ... ».