Grande-Bretagne. Sarko sous surveillance royale
Nicolas
Sarkozy traverse la Manche pour une visite d'Etat de deux jours en Grande-Bretagne sur fond de pompe royale et d'entente cordiale.De notre envoyé spécial à Londres. Il faut remonter à Ronald Reagan, en 1982, pour la réception d'un président américain à Windsor. Autant dire que l'accueil réservé aujourd'hui par la reine Elisabeth II et le Duc d'Édimbourg au couple Sarkozy-Bruni, n'a rien d'anecdotique. La relation franco-allemande s'étant dégradée, il y a une nette volonté à Paris de rééquilibrage au profit de Londres, alors que se profile la présidence française de l'Union européenne en juillet prochain.
Réformes économiques
L'heure est désormais à la réconciliation et verra Nicolas Sarkozy prononcer un discours au Parlement, réunissant la Chambre des Communes et celle des Lords. Une cérémonie est également prévue à Carlton Gardens devant la statue du Général de Gaulle, auquel l'actuel président, accusé de prendre sa fonction à la légère, essaie désormais de s'identifier si l'on en juge par ses dernières prestations dans des hauts lieux de la Résistance. N'oublions pas que c'est grâce au Royaume-Uni que la France Libre restera debout lors de la guerre de 39-45.
Nicolas Sarkozy s'exprimera sur plusieurs thèmes au cours de sa visite. A la fois les réformes économiques, dont il veut accélérer le rythme et que les Anglais ont accomplies depuis fort longtemps. Mais aussi la réforme des institutions internationales et la lutte contre le changement climatique.
Deux ex-ministres
de l'Economie
Sur plusieurs sujets, comme l'élargissement du conseil de sécurité ou la réforme du Fonds monétaire international, on souligne à Paris la convergence de vues entre les deux pays. De même que la nécessité d'une politique européenne de l'énergie apparaît clairement, alors que les Britanniques relancent, chez eux, le nucléaire (1).
Le président français et le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui se connaissent bien pour avoir été au même moment ministres de l'Economie, tiendront d'ailleurs un sommet franco-britannique dans la foulée de cette visite d'Etat.
Il faudra bien se tenir
La grande attraction du voyage demeure néanmoins Carla Bruni, sur laquelle les tabloïds anglais se focalisent depuis plusieurs semaines. Après un sans-faute en Afrique du Sud, la première dame, qui semble prendre son rôle très au sérieux, est prête à faire sa révérence devant la reine, comme l'exige le protocole.
Quant à Nicolas Sarkozy, il devra lui-même faire un effort pour bien se tenir. Pas question de bisou et de bonnes blagues comme avec Angela Merkel, qui d'ailleurs déteste cela. A Windsor, on ne plaisante pas avec l'étiquette.
(1) Tout comme il sera question de cette politique de défense européenne restée dans les limbes depuis le sommet de Saint-Malo, il y a une dizaine d'années, ayant réuni les deux pays qui pèsent aujourd'hui 40 % de l'Union en la matière.