Géorgie. Le retrait russe toujours pas d'actualité
Le monde attendait hier des preuves du retrait des forces russes de Géorgie que Moscou dit avoir entamé, alors que Tbilissi et les journalistes
ne constatent pas de changement .
Les troupes russes, dont on ne connaît toujours pas le nombre, semblaient camper tranquillement, hier, sur leurs positions, malgré la promesse du président russe Dmitri Medvedev d'entamer le retrait « hier en milieu de journée ».
Violation de l'accord
pour Tbilissi
Accusant l'armée russe de miner des ponts dans l'ouest et le centre du pays, la diplomatie géorgienne déclare « que par ces actions, parallèlement au retard persistant du retrait de ses troupes de Géorgie » les Russes « violent gravement les conditions de l'accord de paix ». Les soldats russes contrôlaient toujours hier les postes de contrôle sur la route principale menant à la ville géorgienne de Gori, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale, Tbilissi.
A Zaramag, à la frontière entre la Russie et la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, des camions militaires et d'aide humanitaire se croisaient dans les deux sens.
Cependant les troupes russes ne semblaient opérer aucun retrait massif, selon les journalistes sur place.
En visite dans le sud de la Russie, le maître du Kremlin a lancé hier une nouvelle diatribe contre la Géorgie qui « ne devait pas rester impunie » pour son attaque visant à reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, à l'origine du conflit.
Des rampes de missiles
en Ossétie du Sud
A Tbilissi, le président géorgien, Mikheïl Saakachvili a pour la première fois appelé à des négociations avec la Russie. Auparavant, a-t-il toutefois prévenu, « nous exigeons le retrait sans délai des forces d'occupation ». Néanmoins la Russie et la Géorgie ont échoué à se mettre d'accord hier sur l'échange de quatorze soldats géorgiens détenus en Ossétie du Sud contre cinq Russes capturés par Tbilissi.
Un responsable du Pentagone, sous couvert d ' anonymat, a par ailleurs accusé Moscou d ' avoir déployé de s rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, mettant la capitale géorgienne à portée de tirs, ce que la Russie a démenti.
De son côté, la Maison Blanche a annoncé qu'elle examinerait les accusations de nettoyage ethnique proférées par les deux belligérants.