Géorgie. La tension monte autour du retrait russe
L ' incertitude sur le retrait russe de Géorgie persistait hier malgré un départ médiatisé d ' un convoi de blindés , alors que l ' Otan , réunie d ' urgence , a durci
le ton contre Moscou.
Sur le terrain, une colonne de blindés russes près de la ville géorgienne stratégique de Gori entre l'est et l'ouest a pris la direction de la Russie. Ce mouvement a été présenté comme « l'une des premières colonnes à quitter la Géorgie ». Le président russe a affirmé h i er au président Nicolas Sarkozy que le retrait des troupes russes serait achevé jeudi et vendredi .
Un « show »
bien orchestré
Un lieutenant-colonel russe a donné devant les caméras de télévision l'ordre à cette colonne comprenant sept blindés, trois chars et deux camions militaires de la 58 e armée russe, transportant 120 soldats, de prendre la direction de Tskhinvali, en Ossétie du Sud, et de continuer ensuite vers le nord, jusqu'à Vladikavkaz (Russie).
Des départs de troupes russes surviennent « bien entendu au même moment en plusieurs endroits différents » pour retrouver leurs lieux de cantonnement, a affirmé le porte-parole de l'armée de terre russe. Les Géorgiens ont aussitôt dénoncé « un show destiné à créer une illusion de retrait ».
Points positifs, quinze prisonniers Géorgiens ont été finalement échangés contre cinq Russes. De plus, Moscou et Tbilissi ont donné leur accord sur l'envoi immédiat de 20 observateurs militaires supplémentaires dans « la zone de conflit voisine à l'Ossétie du Sud ».
Les relations Otan-Russie s'enveniment
Le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a accusé la Russie de ne pas respecter « pour le moment » le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy et accepté par les deux pays. La France est « très déçue » de l'attitude de la Russie, a renchéri le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner.
Les forces russes calqueront leur « rythme » de retrait de Géorgie sur celui du retour des militaires géorgiens dans leurs cantonnements, a répliqué le représentant de la Russie, devant la Conférence du désarmement à Genève.
Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov accuse l'Alliance de prendre « sous sa protection » le régime « criminel » du président géorgien Mikheïl Saakachvili. Il a ajouté que la déclaration de l'Otan sur le conflit géorgien n'était « pas objective et reflète un parti pris ».
Dans la journée, la marine russe a annoncé qu'elle annulait sa participation à des manoeuvres prévues en mer Baltique dans le cadre du partenariat avec l'Otan.