Géorgie. La Russie passe en force
Les Russes ont considérablement avancé, hier, en Géorgie, pénétrant pour la première fois hors des territoires rebelles d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Face à une situation qui empire, l'Union européenne redouble d'efforts pour trouver une issue au conflit.L'armée russe est passée à la vitesse supérieure, hier, en Géorgie en pénétrant, pour la première fois, hors des régions séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.
Moscou a en effet annoncé l'entrée de ses troupes, hier, près de Senaki, à l'ouest de la Géorgie, non loin de l'Abkhazie avant de retirer ses troupes dans la soirée.
Les Russes
occuperaient Gori
Un peu plus tard dans la journée, selon le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien Alexandre Lomaïa, les Russes seraient entrés dans Gori et occuperaient cette ville située sur le principal axe est-ouest, entre l'Ossétie du Sud et la capitale géorgienne Tbilissi. Selon Alexandre Lomaïa, la Russie « semble avoir l'intention de renverser le gouvernement » géorgien et « d'occuper le pays ». Le président de la Géorgie, Mikheïl Saakachviki, a même ajouté que les forces russes occupaient désormais « la majeure partie » du territoire géorgien. A la suite de cette annonce, l'armée géorgienne s'est repliée sur Tbilissi afin de défendre la capitale du pays.
Le ministère russe de la Défense s'est empressé, hier soir, de démentir ces informations. « Les troupes russes n'ont pas occupé la ville de Gori. Ces informations ne correspondent pas à la réalité », a déclaré un porte-parole du ministère.
Pendant ce temps, un ballet diplomatique se poursuivait pour pousser les deux camps à un arrêt des hostilités, avec des tentatives de médiation menées notamment par la présidence française de l'Union européenne.
Sarkozy probablement aujourd'hui sur place
Nicolas Sarkozy devrait se rendre - peut-être dès aujourd'hui - en Russie et, selon les Géorgiens, en Géorgie. L'Elysée ne confirmait toujours pas la date du voyage hier soir.
Le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner a balisé le terrain en obtenant, hier, du président géorgien Mikheïl Saakachvili un accord sur « à peu près toutes les propositions » mises au point par la France, prévoyant le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie, la cessation immédiate des hostilités et le rétablissement de la situation antérieure sur le terrain.
La tâche de Nicolas Sarkozy s'annonce cependant difficile après le rejet de ce plan, hier, par Moscou qui juge que Tbilissi doit négocier directement la fin du conflit avec les régions concernées.
Le président français est en outre confronté à un autre obstacle : parvenir à faire parler l'UE d'une seule voix sur le dossier géorgien et trouver un accord entre les 27 pays membres, certains étant plus ou moins proches de Moscou.
Côté russe, le représentant permanent de ce pays auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, a obtenu l'organisation, aujourd'hui, d'une réunion extraordinaire Otan/Russie, accusant de « génocide et de nettoyage ethnique » le président géorgien qui « n'est plus un homme avec qui nous pouvons avoir affaire ».
Poutine accuse
les Américains
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine s'en est aussi pris avec virulence aux Etats-Unis, accusant Washington de « gêner » les opérations militaires russes en aidant au rapatriement des soldats géorgiens d'Irak, dénonçant le « cynisme » américain et sa « capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression ».