Etats-Unis. Obama « roi » du stade ce soir
Avec depuis hier un Parti enfin unifié, Obama prononcera ce soir, dans un stade, son discours d'investiture lors la Convention démocrate. Le message qu'il s'apprête à délivrer plongent les délégués dans la nostalgie des années 60 avec Kennedy.De notre envoyé spécial. Le stade Invesco de l'équipe de football américain des Broncos est un immense navire de 76.000 places, niché à la périphérie de Denver, avec pour seul horizon les Montagnes Rocheuses. Si l'équipe du candidat démocrate a choisi de quitter le Pepsi Center qui abrite d'ordinaire les exploits des équipes locales de basket et de hockey sur glace, c'est à cause de Kennedy.
Un impact énorme
En juillet 1960, Rosalind Wyman, l'une des conseillères municipales de Los Angeles en charge de la logistique de la Convention avait suggéré audacieusement que le sénateur Kennedy s'adresse à la Nation américaine depuis le plus grand stade de la ville plutôt que de rester enfermé dans un Palais des Conventions ordinaire. Les Kennedy n'avaient réussi qu'à remplir à moitié les 105.000 places du Coliseum californien mais les images à la télévision avaient eu un impact énorme.
A 78 ans, Rosalind sera là ce soir à Denver. Elle sait que jamais depuis son époque une convention démocrate n'a repris un tel pari du nombre et de la masse.
Pas « un discours
comme les autres »
Il faut dire que l'idée est aussi de célébrer ce soir là aussi le 45 e anniversaire du discours historique de Martin Luther King - « I have a dream » - prononcé le 28 août 1963 sur les marches du Mémorial Lincoln, à Washington.
Barack Obama a utilisé les rares temps libres de sa semaine de campagne pour peaufiner son discours de ce soir. Il s'est même retiré un soir dans un hôtel de son quartier de Chicago pour être seul et pouvoir se concentrer.
Ses proches affirment qu'il ne s'agira pas d'un « discours comme les autres » qui mettra en valeur des dons d'orateur, son idéalisme ou son lyrisme. Fort du soutien des Clinton acquis mardi soir et la nuit dernière et du renfort en politique étrangère de son colistier Joe Biden, le nominé se livrera plutôt à un exercice de « vente » de son programme. Avec des détails, du concret, pour interpeller directement l'électeur de la classe moyenne blanche qui doute encore de sa sincérité et de son sérieux.
Al Gore et Bon Jovi
pour chauffer la salle
Pour chauffer la salle, le très populaire ancien vice-président Al Gore, viendra soutenir Obama. Montera sur scène également, Bon Jovi, l'un des artistes favoris du candidat. Un lot de consolation car au départ Obama avait souhaité que Bruce Springsteen lui-même vienne chanter pour les démocrates.
La seule inconnue reste la météo. En cette fin d'été, les orages aussi peuvent être spectaculaires et la région a déjà été balayée par quelques tornades le week-end dernier. Mais un dispositif ultramoderne de dais coulissant a été mis au point. Tout faire pour que le show soit impeccable.