Crimes de guerre. Karadzic s'annonce « combatif »
Radovan Karadzic, inculpé de génocide, tent e
de retarder son transfèrement
à La Haye où
il compte assurer lui-même
sa défense.L'avocat de Radovan Karadzic a annoncé hier qu'il ferait appel de l'extradition demain, au terme du délai légal de 72 heures, afin d'empêcher les autorités de procéder au transfert immédiat de son client. En vertu de la loi serbe, après le recours de l'avocat, un panel de juges aura trois jours pour se prononcer.
Karadzic assurera
sa défense lui-même
L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Karadzic aura « une équipe de juristes en Serbie qui l'aidera dans sa défense, mais il se défendra lui-même devant le Tribunal pénal international (TPI) », a indiqué son avocat.
Selon son avocat, Karadzic « a retrouvé son aspect d'avant. Il est très combatif, il a hâte d'entamer sa lutte et espère que la vérité et la justice prévaudront. La seule chose qui l'inquiète c'est que le Tribunal (de La Haye) est celui de l'injustice anti-serbe. »
En assurant lui-même sa défense devant le TPI, qui l'a inculpé il y a 13 ans de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, Karadzic suivra l'exemple du défunt président serbe Slobodan Milosevic et de l'ultranationaliste Vojislav Seselj, actuellement jugé à La Haye.
Karadzic, qui n'a pas eu de contacts avec son épouse, sa fille et son fils au cours de ses années de clandestinité, insiste également pour les revoir avant d'être transféré à La Haye. Sonja Karadzic a ainsi demandé aux autorités la permission de pouvoir quitter la Bosnie et rendre visite à son père.
Des manifestations
de soutien
Le transfèrement de Karadzic pourrait avoir lieu « durant le week-end ou au début de la semaine prochaine », a estimé Bruno Vekaric, porte-parole du procureur serbe pour les crimes de guerre.
Néanmoins q uelque 250 ultra-nationalistes serbes se sont rassemblés h i er à Belgrade pour protester, pour la deuxième journée consécutive, contre l ' arrestation de Karadzic.
Les manifestants, pour la plupart des membres de l ' organisation ultra-nationaliste Obraz et des partisans du Parti Radical serbe, ont scandé le nom de Karadzic et proféré des insultes à l ' encontre des dirigeants pro-européens serbes.
Surveillés par les forces anti-émeutes, ils ont défilé devant les bureaux du président serbe Boris Tadic, le qualifiant de « traître » .
La circulation a été bloquée dans le centre de Belgrade pendant presque une heure.