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Conflit au Tibet. Les sportifs dégagent en touche
Doit-on boycotter les Jeux Olympiques de Pékin pour protester contre la situation au Tibet ? Des athlètes bretons y sont opposés. Cinq sportifs bretons qualifiés pour les Jeux Olympiques de Pékin ou tentant actuellement de gagner leur sélection pour ce qui serait l'événement de leur vie. Un rêve qu'ils poursuivent depuis dix ans pour certains. Cinq regards différents sur les événements qui ont secoué le Tibet ces derniers jours. Et sur les conséquences éventuelles.
« Un touriste on ne lui demande rien »
D'« un peu dur » à « inhumain » en passant par « très grave » et « horrible » : à chacun la lecture et ses mots pour qualifier des événements que dans un doux euphémisme le kayakiste lannionnais Sébastien Combot estime « en contradiction avec les valeurs dégagées par les Jeux ». Pas au point cependant de trouver pertinent d'envisager un éventuel boycott de Pékin 2008. « On met des choses extra-sportives en lien avec des événements sportifs. C'est aux hommes politiques de faire en sorte que ça change là-bas ». Et de rappeler qu'« un touriste, lui, on ne lui demande rien ». Comme on n'entend pas beaucoup de voix non plus réclamer le gel des relations commerciales avec la Chine. De manière unanime, les sportifs mettent en avant leur propre rêve. « Il serait dommage que seuls les sportifs soient concernés » remarque la cycliste briochine Laetitia Le Corguillé. D'autant qu'au-delà du symbole, un éventuel boycott ne présente aucun gage d'efficacité. « Je ne suis pas sûr que ça changerait quelque chose pour le peuple tibétain », estime l'athlète briochin Vincent Le Dauphin, tout en considérant que « l'insupportable a déjà été atteint, puisqu'il y a eu des morts. Mais est-ce que le mouvement olympique peut arrêter ça ? ».
« Le Dalaï Lama est opposé au boycott »
Le pentathlète finistérien Jean-Maxence Berrou tire la réponse de sa mémoire : « Il y a déjà eu par le passé des boycotts qui n'ont pas servi à grand-chose », remarque-t-il en faisant référence aux JO de Moscou en 1980. Et Le Dauphin d'appuyer : « Le Dalaï Lama lui-même est opposé au boycott ». Manière de dire que ce n'est certainement pas aux sportifs de prendre une telle initiative. Que faire alors, pour marquer sa préoccupation et sa désapprobation vis-à-vis d'un régime aux pratiques fort éloignées de l'idéal olympique ? L'escrimeuse dinardaise Carole Vergne se dit prête, si elle est du voyage, à « faire un petit signe » dans le cadre d'une démarche collective de protestation. Vincent Le Dauphin aussi, quoi qu'en pensent les dirigeants du CIO. A propos de la charte olympique, qui interdit désormais les manifestations d'ordre politiques, il remarque : « En interdisant aux athlètes de s'exprimer, on reproduit un système qu'on condamne par ailleurs. Je ne sais pas si cette règle résistera à l'épreuve du terrain ». Ce n'est pas l'unique pierre dans le jardin des dirigeants. « Il est clair, remarque Carole Vergne, que c'est un pays qui ne mérite pas les Jeux ». Or, dit Le Dauphin, « ce ne sont pas les athlètes qui ont décidé de l'implantation des Jeux ».


Sources
Le Télégramme
19/03/2008
Rubrique: Monde
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