Comores. La colère après la fuite du président
L a fuite du président déchu de l'île d'Anjouan , réfugié mercredi à Mayotte et transféré depuis hier à La Réunion,
a suscité de violentes manifestations aux Comores .Il est 17 h à Mayotte, île française de l'archipel des Comores. 15 h à Quimperlé. Pascal (*), professeur quimperlois en poste dans l'île de l'Océan indien témoigne. « On (sa femme et lui) a été consigné dans nos collèges jusqu'en milieu d'après-midi. On est confiné chez nous, ça chauffe à Mamoudzou. »
« D'après ce qu'il se dit, il y aurait une vingtaine de blessés et deux morts chez les blancs. Il y aurait eu une humiliation publique. Une femme aurait été dénudée puis ligotée, on parle aussi de prise d'otages. C'est très confus. Les Comoriens, réfugiés anjouanais, s'en prennent aux M'zoungou, c'est-à-dire les blancs et à travers eux, à l'État français. Ils veulent la peau de Bacar. On a peur, on est barricadé chez nous, demain on ne va pas au travail. Le ministre des Dom Tom est à La Réunion, j'espère qu'il va se déplacer. »
Tensions
entre les communautés
Installé dans le sud de l'île, le Quimperlois se dit « très menacé, très démuni ». Et regrette de ne « pas avoir d'information de (son) administration de tutelle », ni « de la préfecture » alors que « nous, on risque notre peau ».
« Les tensions sont fortes entre les communautés. Un Comorien voulait s'en prendre à un M'zoungou. Un Mahorais s'est interposé, il s'est pris un coup de coupe-coupe. Il a eu la main coupée. On a peur que cela s'embrase, raconte-t-il. Les Comoriens clandestins se sentent chez eux. »
* Le prénom a été changé à la demande de l'intéressé.