Algérie. Attentat meurtrier aux portes d'Alger
Carnage près d'Alger. Au moins 42 civils et un gendarme ont été tués hier matin dans un attentat kamikaze devant une école de gendarmerie aux Issers, à 60 km à l'est de la capitale.
De notre correspondant à Alger.
Hier matin, u n attentat suicide contre une école de gendarmerie des Issers, à l ' est d ' Alger, a fait 43 morts. Cette attaque suicide visait des postulants qui attendaient devant l'entrée de l'école de gendarmerie pour y passer un concours de recrutement.
Après avoir garé son véhicule bourré d'explosifs devant l'école, le kamikaze portant une ceinture d'explosifs, s'est infiltré dans la foule de candidats. Il a actionné ses deux charges, tuant 43 personnes, dont une majorité d'universitaires et un gendarme.
Le nombre de blessés s'élevait hier à 45 personnes. L'attentat n'a pas encore été revendiqué, mais il porte la signature d'al-Qaïda au Maghreb islamique (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat).
Une région contrôlée
par les djihadistes
La méthode rappelle celle déjà appliquée par al-Qaïda en Irak pour dissuader la population de rejoindre les rangs des services de sécurité.
« La gendarmerie aurait pu sécuriser l'école et protéger les candidats gendarmes », regrette un habitant des Issers. La région est située au coeur du nouveau triangle de la mort formé par les villes de Boumerdes, Tizi Ouzou et Bouira, toutes situées dans un rayon de 100 km à l'est d'Alger. Cette région, fief des djihadistes algériens d'al-Qaïda au Maghreb islamique, est depuis plusieurs jours sous haute surveillance de la part des services de sécurité.
Une série meurtrière
L'armée avait tué, le 7 août, douze islamistes armés dont des chefs, à Beni Douala, près de Tizi Ouzou. En riposte, les groupes armés avaient attaqué des postes de surveillance de la gendarmerie à l'est d'Alger tuant huit civils et blessant une vingtaine d'autres. Dimanche, un colonel de l'armée et un soldat avaient été tués dans un attentat à la bombe à Jijel. Lundi, les islamistes avaient tué un lieutenant-colonel, deux soldats et huit policiers ont été tués à Skikda (est), dans une embuscade tendue par des islamistes. A deux semaines du début du Ramadan qui commence le 1 er ou le 2 septembre, l'Algérie s'enfonce plus que jamais dans la violence islamiste.