Afghanistan. « Oui, la France est en guerre »
De retour
d'une mission parlementaire
en Afghanistan, Françoise Olivier-Coupeau, députée PS du Morbihan, revient sur la présence militaire française
dans ce pays.
Dans quel cadre êtes-vous partie en Afghanistan ?
Il s'agissait d'une mission parlementaire du 31 août au 3 septembre. Nous étions quatre membres de la commission nationale de la Défense nationale et trois de la commission des affaires étrangères.
Notre visite était prévue plus tard, mais après les événements du 18 août et l'annonce du débat parlementaire, le 22 septembre, notre visite a été anticipée.
Quel était l'objectif de cette mission ?
Nous avions un double objectif. D'abord, il s'agissait de rendre hommage aux soldats, leur dire que l'on ne les oublie pas. Ensuite on voulait se rendre compte de la réalité.
La France est-elle en guerre en Afghanistan ?
Oui, la France est en guerre, il ne faut pas jouer sur les mots même s'il n'y a pas eu de déclaration de guerre. Mais on se bat contre l'obscurantisme, pour rendre l'Afghanistan aux Afghans, pour sécuriser le pays et le développer. C'est un bourbier et nous y sommes pour longtemps. On aura gagné quand les Afghans se seront pris en main. Mais il faut aussi soutenir le Pakistan dans sa lutte contre les talibans et renouer le dialogue avec l'Iran.
Que vous ont dit les militaires avec qui vous avez partagé le quotidien ?
D'abord, ils étaient heureux de savoir que les Français sont fiers d'eux. Ensuite, ils ont voulu réagir aux propos rapportés dans les médias après le 18 août. Ils nous ont dit, qu'ici, ils faisaient leur métier, que c'étaient des professionnels. Ils ont été choqués que l'on ait dit qu'il s'agissait de jeunes militaires mal formés. Ils nous ont également dit : « Donnez-nous des moyens ».
Vous avez rencontré des militaires du 8e RPIMa dont une section a été décimée dans l'embuscade du 18 août. Quelle est leur version des faits ?
C'était une embuscade bien préparée, c'était inévitable. Ils étaient partis dans cette vallée pour fraterniser avec la population, mais ils ont été trahis. D'un côté, il y avait trente militaires, de l'autre 170 assaillants. Mais le moral est bon malgré tout. Encore une fois, ce sont des pros.
La France est-elle à sa place en Afghanistan ?
Oui, on est à notre place car il s'agit de lutter contre le terrorisme, de stabiliser et de développer ce pays. Simplement, quand on envoie des militaires, il faut leur donner les moyens. Ils manquent d'hélicoptères Caracal (multi-missions), d'hélicoptères Tigre, de drones.
Qu'attendez-vous du débat du 22 septembre ?
Le problème c'est que l'on ne connaît pas la question qui sera soumise au vote. Pour autant, ce doit être un débat serein sur l'avenir de notre présence en Afghanistan. Mais le risque, c'est que l'on verse dans la politique politicienne.